drenka au Mali: épisode 8 – Descente à travers la faille

Marre de ce bus. Tout le monde est d’accord pour continuer à pied: pour rejoindre notre prochaine étape, il y a 1 heure de marche et d’escalade en descendant par une faille.

Nous croisons des femmes qui portent le traditionnel panier Dogon, qui est rond au-dessus et carré en dessous. Indiana Jones se fait crier dessus par certaines d’entre elles qui se sont aperçues qu’il les avait prises en photo sans permission. Il les couvre alors de compliments et ça marche: Les voilà qui se tortillent en rougissant!

Puis la pente se fait plus raide. Vivienn est à 4 pattes, prise de vertige… Tous nos hommes se pressent pour l’aider et elle finit l’escalade en tenant les mains rassurantes d’Ogo et de M. Sportif.

Nous arrivons dans un village minuscule, et qui pourtant a une mosquée, reproduction de celle de Djenné, mais en tout petit!

La nuit tombée, Ogo, le visage éclairé à la bougie, prend un air mystique, et nous raconte les légendes Dogons. Les Dogons ont fui à Bandiagara pour échapper à l’islamisation galopante au Mali. Les falaises, à leur arrivée, étaient habitées par le peuple troglodyte des Tellems (« Ceux qu’on a trouvé là », en Dogon), peuple qui avait de très grands pouvoirs magiques. Ce sont eux qui ont creusé les grottes et bâti les niches dans les falaises. Lorsque les Dogons les ont utilisées par la suite pour cacher leurs réserves, et y loger leurs morts, ils ont dû utiliser des systèmes ingénieux de cordes et de poulies. Mais les Tellems, eux, n’avaient qu’à frapper de leur bâton magique une des Jarres ou des briques qu’ils voulaient faire monter, et celle-ci obéissait, suivie de toutes les autres!

On dit que les blancs qui vivent ici ne plaisantent pas avec la magieTellems. Et que même ceux qui sont sceptiques en arrivant, finissent par croire aux pouvoirs surnaturels de ce peuple.

Des survivants des Tellems, nous raconte Ogo, ont encore prouvé ces pouvoirs il y a peu de temps: Des téméraires ont voulu tenter d’ériger une construction sur un territoire interdit et propriété des Tellems. Pour protéger leur chantier, ils ont envoyé des infortunés policiers: les policiers ont dû s’enfuir, poursuivis par les briques, qui roulaient toutes seules loin du territoire sacré.

Ogo nous avoue qu’il n’a jamais été le témoin de la magie Tellem. Mais il y croit dur comme fer, et semble très vexé lorsque certains d’entre nous peinent à y croire!

Nous allons nous coucher, à la belle étoile, sur le toit de l’auberge, la tête pleine de magie, et aussi un peu gênées, car nous venons de nous rendre compte que l’endroit tranquille où nous sommes allées pour faire pipi, était en fait l’endroit où s’assoient les femmes dans la journée pour piler le mil!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s