Poisson Pané – Banane

20060309Hier, j’ai passé la journée à essayer d’arranger les affaires d’un client qui s’en est collé pour l’équivalent du PIB du Vanuatu en progiciel qui marche pas, et qui a signé un contrat qui dit à peu près:

Article 1: La société qui t’entu… euh, on veut dire qui te vend le logiciel a toujours raison, même quand des fois elle disparait sans laisser d’adresse et qu’elle te laisse avec ton progiciel qui bugge sa mère, et que de toute façon, il faut avoir fait Science Po, Polytechnique et un LLM de cuisine Austro-japonaise pour comprendre le mode d’emploi

Article 2: Si jamais tu as la sensation que le progiciel fait n’importe quoi, c’est normal, il est pas du tout au point mais on te le vend quand même, et même que c’est pas notre faute

Article 3: Si le client a un peu raison, on dirait que quand même c’est la société qui a vendu le prologiciel qui aurait raison quand même

Article 4: Sous réserve des articles 1 et 4, si jamais le client voudrait quand même essayer d’engager la responsabilité de la société qui a vendu le prologiciel, le client devra prouver que l’arrière-grand-mère de la société qui a vendu le progiciel s’est laissé pousser des ailes et a appris à voler, et ce, dans un délai de 35 secondes à compter de la signature du présent contrat

Article 5: En cas de litige, ce qui étonnerait vachement la société qui vend le prologiciel vu qu’elle a toujours raison, le Tribunal compétent sera la chambre internationale d’équitation guatémalto-uzbek.

Même pas mal super facile à part que ça m’a un peu fondu le lobe pariétal droit.

Autant dire qu’hier soir en rentrant dans la tanière du Chéri, j’avais l’énergie de la limace asthmatique dépressive, et que mon petit camarade de jeu pouvait se gratter Marcel pour que j’envisage la possibilité de faire un brin de cuisine.Je sens déjà le regard lourd de sous-entendus de la bande de féministes qui sévit de par les bloug: oui, c’est moi qui fait la cuisine. Le Chéri parfois est pris d’une envie de faire des sauces vinaigrettes de son invention remarquez (Exemple: tiens, si je mettais de l’arôme Maggi avec du citron, un peu de muscade et du vinaigre de framboise?), mais la plupart du temps, c’est moi. Je vous rassure. Il y a partage des tâches hein. Pendant que je fais à manger, il regarde l’Equipe.Bref.

La fatigue intellectuelle et musclière s’étant emparée de l’ensemble de mon petit corps, j’ai saisi de la main gauche la porte du congèl, de la main droite un paquet de poissons carrés, que j’ai jetés dans une poêle sans ajouter de matière grasse rapport au mode d’emploi qui le stipulait et au hurlement du nouveau pèse personne le soir dans la pénombre de la salle de bain alors qu’il se trouve investi par la légère surcharge pondérale du Chéri.

Après les langoustes à l’armoricaine, la côte de veau à la Normande, le canard à l’Orange, le poulet au gingembre et à la noix de coco, le gigot aux cèpes, la pintade aux girolles, le lapin à la moutarde, la marmite dieppoise et le Bœuf Bourguignon, j’étais quand même assez angoissée par rapport au verdict du Chéri. Terrifiée même, à l’idée d’avoir violé la règle d’or dictée par Biba & Co, selon laquelle en matière de cuisine et de sexe, NON NON NON NE PAS SE RELÂCHER, chaque jour être imaginative et originale ATTENTION.

Et ben je vous donne l’an mille.

Le Chéri, les yeux rivés sur le match Lyon/Une-équipe-de-Vickings-de-deux-mètres-par-trois-au-nom-imprononçable, a introduit la poiscaille dans sa bouche pulpeuse, a fermé les yeux de plaisir, laissant apparaître ses longs cils de jais, a posé sa main sur la mienne et a laissé échapper un

Hmmmmmmmmmm, c’est si bon les poissons panés……..Merci……..

.

Ça m’a rappelé l’histoire de Grand-Papa. Grand-Papa chaque jour que Dieu fait réclamait à sa femme LE plat à la banane que lui préparait feu sa mère alors qu’il rentrait de l’école. Grand-Maman était quant à elle bien ennuyée. Elle avait essayé TOUTES les recettes de bananes de son livre de cuisine, s’était acheté les fiches Elle, et avait même fait des inventions culinaires pour satisfaire son époux. A chaque fois qu’on allait chez Grand-Maman, on avait pour le dessert des bananes au caramel, des bananes flambées au rhum, des charlottes à la banane, des tartes à la banane, des crumbles à la banane, des gâteaux bananiers… Sans succès. Grand-Papa répétait inlassablement:C’est bon, mais ce n’est pas LE bon plat de maman.

Et pis un jour, Grand-Maman gardait un de ses petits-enfants. Après lui avoir donné sa panade, elle coucha l’enfant, laissant l’écuelle du bébé sur la table pendant qu’elle lui racontait une histoire. Grand-Papa qui avait connu les tickets de rationnement pendant la guerre (raison officielle), et qui était gourmand comme un cochon (la vrai raison), porta à sa bouche de reste de bouillie. Son visage s’éclaira alors.

MAAMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIINE!!!! C’est CA!!! C’EST LE PLAT DE MAMAN!!!

Et oui. Des bananes écrasées avec du sucre. Au nom de Grand-Maman et de moi-même, j’annonce: il y a des coup de pelle qui se perdent les mecs.

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