Le journal de mes fesses

(Oui, mes fesses sont douées de raison)
(Parfois elles pensent)
(Cependant, elles ne parlent pas)
(Encore)

.

Lundi : Premier jour de détention

Depuis hier soir, la dernière feuille de papier toilette a été utilisée. Mais on ne se rend compte de ce que l’on a qu’une fois qu’on l’a perdu. Les autorités intendantes ne s’en sont donc pas aperçues immédiatement.

Et voilà qu’à l’aube de ce jour, nous sommes nues, livrées à nous même, sans papier. L’heure est grave.

A portée de main :

– Un rouleau de demak’up

– une serviette de bain

– la baignoire

Devant l’urgence de la situation, les demak’up sont mis à sac. Puis nous sommes plongées dans la baignoire. L’honneur est sauf, mais nous savons que nous ne sommes pas encore tirées d’affaire.

Au soir, les autorités intendantes dressent l’inventaire de la maison. Peuvent encore être utilisés :

– les 3 rondelles de demak’up restantes

– une feuille de sopalin unique, actuellement stratégiquement placée dans le placard pour prévenir les fuites d’huiles d’olive

Les serviettes rouges Ikea ont été finies à l’occasion de la dernière détention, le mois dernier.

Ces munitions sont rassemblées au QG.

La feuille de sopalin est sacrifiée.

.

Mardi : Second jour de détention.

La réserve de demak’up s’amenuise peu à peu, en raison d’une plaidoirie prévue ce jour qui oblige les autorités intendantes à procéder à un démaquillage en règle.

L’étau se resserre. Au matin, nous nous en sortons encore, mais c’est peut-être la dernière fois.

Au soir, nous avons permission chez le Chéri. Attention, celui-ci connaît certes notre existence, mais certainement pas notre fonction secrète qui lui a été cachée durant les deux dernières années. Il nous faudra donc nous en acquitter avec la plus grande discrétion, par exemple à l’occasion d’une diversion commandée auprès de l’équipe d’Arsenal.

Deux feuilles de papier sont prélevées par les autorités intendantes et placées dans les réserves.

.

Mercredi : 3ème jour de détention.

Utilisation des deux feuilles prélevées chez le Chéri.

Cependant, à la suite d’une erreur de manœuvre, nous sommes sollicitées une seconde fois au sortir de la baignoire.

Le dernier demak’up est utilisé également.

C’est la dech de chez dech.

De plus, on nous colle un string sur la gueule. Certains n’ont vraiment aucune pitié.

.

Jeudi : 4ème jour de détention.

Les journées au bureau sont de plus en plus intenables. L’utilisation des toilettes communes est envisagée vers 17 heures. Mais cela n’est pas éthique et nous devons y renoncer. Une opération d’embargo général sur thé et café est votée. Les accords spéciaux régime de printemps visant à privilégier l’ingurgitation de concombres, tomates, asperges, ainsi que toutes autres substances diurétiques sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Au soir, nous avons tenu le siège mais nous trouvons de nouveau confrontées au manque de munitions en situation de crise.

C’est alors que les autorités intendantes arment leur dernière cartouche : un paquet de kleenex de marque sniff, dont l’utilisation avait été expressément prohibée par le Général a n g e l, en raison de leur caractère troooooooooop chouuuuuuuminouuuuuuuuu rouge avec des coccinelles dessus même que c’est trop la classe de les avoir dans son sac.

.

Vendredi : 5ème jour de détention.

Nous envisageons de saisir la Cour Européenne des droits des fesses pour atteinte à notre dignité fessière.

Les kleenex coccinelles déteignent.

Nous avons une coccinelle et un trèfle 4 feuilles imprimés sur le coin de la carafe. Nous sommes badigeonnées de rouge. C’est carnaval. Nous espérons ne pas croiser un babouin et être l’objet de son désir.

20060502

.

Samedi : 6ème jour de détention.

Nous avons dû nous promener toute la journée avec notre face de babouin en rut. Une opération camouflage sous culotte méga couvrante et gaînante de mémé a été initiée. Heureusement (?), Georges Clooney n’était pas à Paris ce jour, le risque de le croiser était donc limité (C’est bon Georges, tu peux venir maintenant).

Au soir, l’heure de la délivrance a enfin sonné. Les autorités intendantes viennent d’acheter 12 rouleaux de papier. Nous envisageons de solliciter la fériéïsation de ce jour en tant que jour où nous avons été délivrées. C’est la fête du slip.

.

Nous adressons ce jour le présent journal aux autorités intendantes, copie au ministère des armées et à l’inspecteur du travail, pour valoir ce que de droit.

 

Fait le 30 avril en 3 exemplaires.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s