Raffinement nippon

20060601

Copyright © 2011 Minamoto Kitchoan Co., Inc. .

Ces cerises viennent d’un cerisier du japon qui a grandi, fleuri, fait des fruits. Elles ont été cueillies, sélectionnées, nettoyées, emballées, transportées, choisies, vendues, re transportées, re nettoyées, ses coupines ont été pressées pour faire de la gelée dans laquelle, après être dénoyautées, elles ont été confites.

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, quelqu’un d’autre fabriquait son emballage plastique métallisé thermo protecteur, fondait les matériaux, faisait dessiner la forme, avec les piti ciseaux sur la tranche. Le papier a été acheté, transporté, ouvert, garni de la cerise, thermo refermé.

Ailleurs encore, un troisième groupe de personnes travaillait sur l’emballage papier final, et sur la boîte en carton, décorée de calligraphie japonaise par les meilleurs graphistes, les couleurs ont été choisies avec soin pour rappeler la douceur et la forme du fruit. Le papier et la boîte ont été conditionnés et transportés.

La cerise dans son papier thermo protecteur a été placée successivement dans son emballage papier puis dans la boite en carton. Les cartons ont été enfermés dans un colis, et puis dans une palette, et puis dans un conteneur où la palette a été arrimée. Et les cerises ont été transportées par camion jusqu’à l’aéroport, puis par avion en France, puis de nouveau par camion à Paris, sur la place de la Madeleine. Elles ont attendu dans la chambre froide, puis dans la vitrine.

Elles ont de nouveau été choisies (oui, c’est là que j’interviens), emballées dans un nouveau papier cadeau, et décorées avec du rafia. Puis elles ont été placées un très joli sac en papier (les japonais ils sont all about l’emballage), pour être transportées à pied jusqu’à mon bureau, puis en métro jusqu’à gare de Lyon, puis en TGV jusqu’à Marseille, puis en TER (ah non, grève, en voiture, tiens, est-ce qu’un jour vous envisagez d’avoir des trains qui roulent à la gare de Marseille ou bien?) jusqu’à Saint Cyr, puis la boîte a été mise au frais, puis le lendemain dans un sac à congélation. Puis elle a été transportée en voiture jusqu’à Laudun, en passant par Orange.

Ma mamie a religieusement coupé le rafia, distribué les cerises, on a tiré la languette sur le papier, on est allé chercher des ciseaux conformément aux indications de l’emballage thermoprotecteur.

Cerise engloutie par mon cousin en: Zéro secondes, Vingt-trois centièmes.

Mâcher, bof pas le temps. C’est ça, tu vois, le comble du raffinement. 

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