Romantic week-end in Paris

Ce week-end, j’étais à Paris, et j’avais prévu de voir ma toupine a n g e l et on aurait mangé des gyozas chez Higuma toutes les deux en amoureuse. Mais je vous jure,  le sort et les gens  se sont acharnés à me pourrir mon groove sans arrêt. Plan original: Vendredi: manger avec mon copain rugbyman à midi, puis aller l’après-midi au Musée du Quai Branly avec Marie, puis diner en famille. Samedi: manger à midi avec a n ge l, pendant que Dawling serait avec Marie et le copain rugbyman, et se balader dans le quartier japonais pendant que les britonphones enchaineraient les bières au Pub. Samedi soir:  diner avec Léa et ma copine suisse-allemande, et puis elles devaient sortir alors que moi je devais aller me coucher comme la bonne mémé de base. Dimanche:  brunch avec copain rugbyman, Léa, copine suisse-allemande et Dawling.

MAIS

  • Quand j’ai dit ça en arrivant jeudi, je me suis fait jeter comme une méduse infecte par ma sœur, parce que personne vient JAMAIS avec elle au musée et que je devais attendre samedi pour y aller avec elle. Bon, moi j’avais pas tellement envie de me taper le musée quand il est bondé, mais comme ma copine suisse-allemande aussi voulait y aller samedi, voilà PAF, j’ai dit d’accord. Tant pis, je ferais les magasins avec Marie vendredi.
  •  Et puis  Marie a annulé vendredi. Donc vendredi après-midi, on est allés se promener avec Dawling et j’ai voulu l’amener chez Mariage Frère mais on est finalement partis en courant rapport que 9 EUR la tasse de thé. Merki hein.
  • Vendredi soir, Léa a raté son train. En rentrant chez elle, elle a trouvé son chat à moitié mort empoisonné et a passé la nuit aux urgences vétérinaires pour la modique somme de £200, donc elle a pas pu racheter un billet pour le lendemain, qu’elle a passé au chevet du félidé.
  • Du coup, pour le samedi, j’avais pas vu Marie, donc je voulais la voir à midi avant qu’elle babysitte mon Dawling pour l’après-midi. Mais copain rugbyman pouvait pas non plus babysitter Dawling. Donc je l’ai emmené aussi, pensant qu’il pourrait parler Anglais mit Marie pendant que nous, on parlerait Français avec a n g e l. MAIS ma sœur voulais viendre aussi because visite au Quai Branly l’après-midi. ET PIS comme ma copine suisse-allemande avait ete abandonnée par Léa, elle a voulu venir aussi…. Et voilà comment on se retrouve chez Higuma à 15, au lieu de faire un déjeuner tranquilles en amoureuses. En plus Dawling et copine suisse-allemande ont pas aimé Higuma,  et limite je me suis fait engueulé ALORS QU’ILS DEVAIENT MEME PAS VENIR.

MAIS C’est pas fini.

  • Quand on s’est quittées (un peu vite) avec a n g e l, Marie se rappelait plus ou elle avait garé sa voiture (ça m’a rappelé mon mariage <3). Ma sœur en a profité pour partir en me disant qu’elle allait chercher son chéri (elle est jamais revenue, cette endive, entretemps elle avait appris que c’était de l’art primitif  BUEUURK). Nous voilà traversant Paris à la recherche de la voiture perdue de Marie. Après 45 mn, on a fini par la retrouver. Mais arrivés au musée, 45 mn de queue dehors, et autant à l’intérieur. J’ai dit qu’on allait boire une bière à l’Alma en attendant.  MAIS copain rugbyman est arrivé et a décrété que l’Alma c’est tout pourri, et qu’il connaissait une super rue piétonne pas loin. SAUF qu’il se rappelait pas bien où et que genre pas loin, on s’est perdus et on a mis 45 mn pour y aller. A ce stade Andrew et moi on voulait exécuter sommairement tous ces gens. 
  • Avec ma copine suisse-allemande,  on les a laissés à leur bar et on a voulu retourner au musée. Marie nous dit: Ben tiens, prends les papiers et les clefs de la voiture, et puis tu viendras avec au resto où on se retrouve ce soir. Le musée était magnifique, bon.

 

  • MAIS après, on descend dans le parking pour récupérer la voiture de Marie et là PAF. Pas de ticket de parking, of course. Marie par mégarde l’avait emporté. On a dû l’appeler pour que les 3 larrons nous rejoignent MAIS ils ne pouvaient pas car ils étaient perdus + bourrés. On a attendu une heure. Il était donc 20h30, moi je commençais à avoir faim mais NAN. Copine suisse-allemande voulait se changer avant le resto. Il a fallu faire l’aller-retour pour que MADAME revête sa petite robe noire.
  • Le resto, très chouette. Mais copine suisse-allemande voulait absolument sortir après (ce qui explique la petite robe noire) alors que nous, on tombait de sommeil. Elle se lance dans un plaidoyer:  elle, c’est UNE FOIS par an qu’elle est tranquille sans ses filles alors ELLE VEUT sortir. Marie dit que no problemo, on peut aller chez ses copains dans le 10ème.
    Moi je me disais, on accompagne les filles pis après on va boire une dernière bière avec copain rugbyman et peut-être un billard, et puis Dodo.
    Copine suisse-allemande se disait qu’une fois là-bas, elle arriverait bien à nous convaincre de sortir avec elle. 
    Copain rugbyman se disait que le 10ème, c’est pas loin de chez lui et qu’il en profiterait pour aller se coucher
    Arrivés là-bas après 30mn à 5 dans la twingo, moi les fesses en forme de ceinture de sécurité car ayant e plus petit tutu, j’étais au miyeu, Marie se rend compte qu’elle a pas le code de ses copains ET que son téléphone est mort ET qu’elle connait pas leur numéro. Je vous dis qu’on a sauté dans un taxi vite fait avant que Dawling lui colle un coup de pelle. 

 

  • Le lendemain, je dis à copine suisse-allemande: Nan mais moi, j’ai le chic pour choisir des copines branquignoles de l’organisation, plus distraites tu meurs. Elle me répond: « Ben moi je crois que c’est très FRANCAIS en fait ».
    J’étais en train de dire à Dawling qu’elle était GONFLEE de me dire ça quand même, à moi qui me suis décarcassée tout le fuckin’ week-end pour tenter de mettre de l’ordre dans tout ce chaos de gens qui n’en faisaient qu’à leur tête.

 

  • Je tends mon billet de retour a la dame de l’Eurostar.
    Qui me répond:
    AH mais madame, ils sont pour HIER vos billets!

RESULTAT
Mes billets a £59 Aller-Retour, ils nous ont coûté 484 EUR de supplément. OUI OUI VOUS AVEZ BIEN LU.

C’est QUI LA BRANQUIGNOLE HEIN???

Plus près de toi, London

Dans ma vie, il m’a fallu un long travail sur moi-même, mes cheveux surtout, pour arriver à afficher cette grâce et cette élégance naturelle qui me caractérisent souvent, mais sauf des fois.

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Au hasard, prends mon premier cours de danse classique : dans ma candeur éclatante de tendre jeune fille en fleur, j’étais caressée par de grandes espérances. Enfin, j’avais trouvé ma voie.

Enfin en tout cas, ça pouvait pas être pire que le judo, où c’est que le kimono blanc c’est grossissant et ça s’arrête pas de s’ouvrir sans préviendre sur tes nichons naissants, et que tu dois te battre contre une bande de petite brutes perfides et édentées qui font rien qu’à semer leurs verrues plantaires.

Ou que le tennis où tu dois affronter le fils ou la fille du duc de Corvée de Chiotte Demain-Matin, qui te tanque la raquette dans le sillon labial en t’accusant de jamais courir alors que tu pouvais pas, t’avais une balle coincée dans ta poche du jogging qui te grattais la cuisse, tu SENTAIS venir le début d’eczéma là, tu le SENTAIS. Ah mais ça les gens, la dermato c’est le cadet de leurs soucis hein. COMPETITION COMPETITION, voilà c’est tout ce qu’ils ont à la bouche.

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Alors que la danse, c’est coule, tu te bats contre personne, normalement.

Bon et là en fait, je te laisse sonder l’étendue de mes lacunes :

  • J’arrivais avec un vieux collant violet de gym de ma mère, trop long et sans pied. Déjà laisse-moi te dire que si t’as déjà fait de la danse classique, le premier truc que t’apprend, c’est que le collant, il A DES PIEDS, sinon c’est un collant de modern’ jazz malheureuse, pis il est incolore ou à la limite légèrement teinté de rose mémé, mais VIOLET, c’est LA faute de goût.
  • Pis en pusse, je te ferais dire que c’était hyper dur de pas perdre les élastiques et les aiguilles à chignon, surtout que j’en avais besoin pour mes expériences de vaudou sur Barbies, alors du coup, quand j’avais de la chance, j’avais des élastiques de cuisine, ou du scotch, ou ce que je trouvais dans la voiture à mon père en venant quoi.
  • Et pour fignoler cet équipement professionnel des plus perfectionnés, un magnifique justaucorps en velours noir. Un justaucorps dont TOUTES les danseuses rêvaient. Elles en mourraient de jalousies, les radasses de crevures de raclures de bidet. Et moi je l’aimais tellement, que je le mettais aussi pour mariages, baptêmes, bar-mitsva, avec ma jupe qui tourne, et pis dernièrement pour aller à la campagne, style décontracté, et enfin, style j’ai oublié mon maillot de bain, à la mer. Et bon, j’avais un peu oublié de le sortir de mon sac de sport-pique-nique, et au contact d’un vieux sandwich au camembert, rapport à l’humidité, ils avaient un peu fait des bébés roquefort, mais à l’intérieur du justaucorps, alors je pensais que ça passerait incognito.

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Brèfle. Pour dire, ya des gens pour qui la classe c’est inné, pis y a des gens comme moi- même personnellement pour qui c’est un travail de tous les jours. 

Et là, j’avais un peu de la chance, parce que j’étais à Marseille, où j’étais un peu en vacances de classe. Attation rien à voir avec cette ville de classiositude optimale qu’est Marseille hein, loin de moi l’idée de sous-entendre le contraire. Marseille, son poisson à l’ail, ses nappes avec des olives dessus, et ses boites avec des fausse cigales qui font krr krr quand on les ouvre. Mais enfin à Marseille, j’ai pas tellement d’amis avocat du VIIIème, donc personne pour critiquer ma manucure faite à la sueur de mes dents ou mes bottes vintages cuvée 1953 vieillies en fut de crottes de chiens de trottoirs marseillais (mais il fait beau hein).

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Or les vacances c’est bien joli, mais du coup Sean Dawling, par le truchement de la conséquence, a passé 68% de son temps de ces derniers mois dans l’avion London – Marseille. Pouvais-je laisser ainsi ze love of ma live, and ze future fazer de mes 11 enfants se tuer à la tâche de faire sa valise sans dentifrice (l’attaque terroriste au dentifrice en avion, un phénomène méconnu)  ?  

NON. A Y EST, je suis reviendue à Paris. Comme ça, il va pouvoir passer 72% de son temps dedans l’Eurostar à la place. Et présentement je vous écris en direct depuis mon tout nouveau bureau de moua, qui rutile de classiosité et de souris sans fil toute neuve. A l’étage, un dentiste, en dessous, un Italien qui sert des escalopes milanaises à emporter.  A 100 mètres, une station de métro et la rue de Lévis, avec son odeur de poulet rôti et de baguette fraiche, une brasserie qui sert des huitres à toute heure et une chocolaterie QUI FAIT DES BOULES CREMES.

J’ai pas encore de maison, mais pinaise, c’est bon d’être à la maison hein.

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Bon, où c’est dans quel carton que j’ai rangé mon rouge-noir de Chanel et mes escarpins spéciaux-parfum-crottes-de-chien-du-Parc-Monceau moi?

 

 

 

Le monstre du Marais

Le Chéri a lancé la phrase, comme ça, mine que rien. Alors que depuis 2 ans et demi, nous avons fait non moins d’un million de magasin au bas mot, cette fois c’est décidé, il allait acheter des chaussures, CET après-midi, voilà, PAF.

Or, tout comme en matière de décoration, le Chéri se révèle avoir des goûts parfois surprenant en matière de trucs à se recouvrir les fesses (ou les petits pieds) (ou le torse velu) (ou les cuisses musclées) (brèfle) avec. Il n’hésitera pas par exemple à poser une statuette moche en bronze d’une femme égyptienne nue et hébétée en dessous de ma lampe Bourgie de Kartell, comme il choisira un costume en velours bleu électrique qui associé à ses grosses lunettes rondes lui vaudra le surnom par Léa d’Austin Powers.

Mais cette fois, j’avais un plan. Quelles que soient les godasses qui emporteraient ses suffrages, j’allais les trouver EXTRAORDINAIRE, qu’on en finisse, putain, et qu’on ait le temps d’aller acheter mon fauteuil Louis XVI médaillon en peau de zèbre.

Malheureusement pour mon fauteuil et ma santé mentale, c’était sans compter sur Lui, le vendeur du magasin du Marais. Tapi dans son magasin, il paraissait immobile près des cabans marine. Mais il a bondi comme Néron et Brutus les alligators quand le Chéri a posé un orteil dans son antre, lui a saisi la main, et a demandé de ses nouvelles en l’appelant par son prénom (il avait révisé ses fiches, c’est pas possible, on est venu une seule fois l’année dernière, et même moi des fois je me rappelle pas son prénom) (oui oh ça va, hein, ça marche très bien quand je l’appelle « hé, oh, toi »).

Non pas que j’attendais la même démonstration de sympathie à mon encontre, mais là quand même, sans vouloir faire ma nombriliste, c’était un peu comme si j’avais été invisible.

Même pas vexée, je décidai de suivre mon plan à la lettre. Napoléon, mon Père et les bons joueurs de Tétris disent toujours qu’il faut coller à son plan, parce que si on change d’avis, après des fois, on a pas le temps de déplacer le carré jusque-là où il fallait, et ça fait des trous moches dans le Tétris, mais je m’égare (à tes fesses).

Le vendeur lui, avait un plan perso. Beh oui, parce que si on veut essayer des chaussures, il faut les essayer avec un pantalon, si on essaye un pantalon, il faut essayer une veste, si on essaye une veste, il faut essayer une chemise, si on essaye une chemise, il faut essayer une cravate, et puis pour casser l’image sérieuse du costume, il faut essayer le petit pull en cachemire, et pis alors ce qui vraiment irait bien, c’est la veste en cuir mi longue là, en plus ça tombe bien, elle est pile de la longueur des genoux de l’Homme (je veux dire qu’elle lui descend aux genoux, pas qu’il a des genoux d’1,20 de long, sinon ça serait trop pas pratique pour jouer au tennis), pis c’est la DERNIERE, même qu’il a fallu aller la chercher dans le magasin d’à côté.

Comme prévu, je me suis extasiée extatique sur les pompes, mais j’ai lancé incognito que pour le reste, c’était pas trop raisonnable, déjà qu’on avait perdu un temps fou à lui choisir des caleçons moulants en lycra à tête de mort rouge dans le magasin d’avant (oui comme ça, ça a l’air étrange mais 1. je vous avais préviendus ; 2. I got to stick to my plan ; 3. Avec ses fesses dedans, n’importe quel caleçon est une œuvre d’art).

Le vendeur s’est soudain intéressé à mon cas. Soudain, j’avais potentiellement une influence possible sur le choix du Chéri (le féminisme a fait des ravages). Soudain, j’avais des goûts très raffinés, mais par contre, c’est le Chéri qui gagne l’argent hein, s’il veut le dépenser il le dépense non mais.

Le magasin fermait à 19 heures. On en est sortis à 20 heures. Finalement, comme le Chéri était pas sûr pour la veste, il a pas pris le pull, du coup, il a pas pris la cravate, donc, il a pas pu prendre la chemise, du coup la veste non plus, mais il pouvait pas prendre le pantalon sans la veste, et il pouvait pas prendre les chaussures sans costume.

Non mais le plan du vendeur du marais, il est vraiment trop pourri.

Froâââââââ!!!!!

20060320

Ben alors le Kube Ice, c’est KRO Rigolu quand même hein… Il fait -5° dans le bar glacé, Vodka à volonté, et même qu’on vous prête une doudoune et des moufles pour attraper les verres en glaçons. Hi hi.

Bon à part que:
– Merci comment j’ai galéré pour trouver des gants assortis à mon bonnet
– Merci comment le Chéri a dû me porter d’en haut des escalier rapport qu’avec ce froid, on a beau manger des caramels à la mangue, la Grey Goose, ça te tue un ténia quand même
– Merci comment les fromages au lait cru étaient trop bons, déjà que j’étais glamour en train de baver sur le canapé en fourrure, avec le parfum Camembert de Normandie + Beaufort, c’est encore pas ce soir-là que j’ai emballé (alors que j’avais passé 8h38 à me friser les cheveux pour l’occase)…