Rends-moi ce vieux mégot et reprends un Quality Street

Les gens, dans leur grande sagesse, disent toujours que chaque grossesse est différente.

Alors pour pleins de choses, je peux pas *encore* témoigner. Par exemple j’espère bientôt pouvoir être en mesure de vous confirmer qu’autant le 1er accouchement c’est la Boucherie Sanzot, autant le second accouchement c’est un moment merveilleux plein de guimauve, d’amour pailleté et de bébés qui sautent au dehors comme des bouchons de champagne en 3mn30. C’est ce qu’a promis le gynéco anglais, et il a SIGNE, alors bon, POUET.

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Mais il y a une chose que j’ai observée : En termes de goûts et d’envies de femme enceinte, le Wombat et Nips, c’est pas le même combat.

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Pour le Wombat, j’en étais à avoir des doutes sur ma maternité.

J’allais au Pub le dimanche et je pouvais pas manger mon Sunday Roast, MEME PAS MON YORKSHIRE PUDDING. J’avais acheté des Rochers Suchard que j’ai dû jeter pour cause de péremption. Non mais des Rochers Suchard PERIMES, quoi. Dawling mettait le Nutella au frigo en tout impunité vu que je pouvais pas approcher le pot sans romir. Le Savane rapporté de France avec amour par ma copine de galère britonne était comme une âme en peine dans mon placard et me regardait de ses yeux de Cocker qui semblaient dire « Pourquoiiiiiiiii tu m’aimes pluuuuuuuuus, une si belle et si longue histoire d’amuuuur ».

Par contre j’aurais vendu ma mère pour des choux de Bruxelles, des navets, du chou-fleur, de la choucroute, ou du hareng fumé. Moi qui normalement n’aime que le cochon femelle du boucher sélectionné avec soin, je pouvais manger TOUT ce qui passait à ma portée et se composait de porc, même dégoulinant de gras, même mâle, même dans les petites gargotes en bas du bureau où les types qui te servent sont les descendants en ligne directe de Jack l’éventreur, à qui il manque 1 œil, 3 doigts et tout un tas de dents. Un dimanche, j’ai mangé un pâté en croûte au petit déjeuner, un feuilleté à la saucisse à 10h, un muffin au bacon à 11h, du Pork Belly avec de la sauce aux pommes à midi, des knackies à la moutarde au goûter et du boudin le soir (avec les restes de pâté en croûte en accompagnement). Un véritable génocide de petits cochons.

En fait je voulais manger TOUT ce qui sentait soit le pet, soit le pipi bien fumé. L’enfant était-il vraiment de moi ? Quand il est né, il sentait le bacon fumé. Pour sa paternité, en revanche, il y avait aucun doute possible. Anglais 100% pure souche.

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Nips, lui, est bien plus délicat, mais on sent poindre un brin d’esprit de contradiction et de casse-nouillerie quand même.

Notez que les premiers temps, il s’est nourri de perfusions saveur Ether Printanier. Bon.

Et alors ces temps-ci, je prends la liste des interdictions formelles du NHS pour les femmes enceintes, bin c’est la liste Quinté + dans l’ordre de TOUT ce que je VEUX.

  • Nips veut de la vodka. Un Bloody Mary bien chargé avec une tonne de Tabasco et de Worcester sauce, pour être précise.
  • Nips veut du sashimi de saumon, par quintal.
  • Nips veut du steak tartare bien épicé, avec du Carpaccio de bœuf ou de saumon dans le rôle des légumes.
  • Nips veut du fromage qui pue. A pâte molle, bien macéré-affiné- avec du moisi tout partout. De l’Epoisses, du Reblochon, du Vieux Lille, du Maroilles, du Mont d’Or et du Trou de cru. AVEC LA CROUTE.
  • Nips veut du pâté, de préférence de foie. Et du foie gras aussi. Sur de la baguette avec un bon verre de gros rouge qui tâche.
  • Nips est à deux doigts de ramasser les vieux mégots de cigarette du Dawling par terre JUSTE POUR UNE TOUTE PETITE TAFFE.
  • A Amsterdam, Nips voulait rouler des grosses gamelles aux mecs qui sortaient des coffee shops, et se jeter dans leurs T shirts imprégnés de l’odeur délicieuse de la drogue.

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C’est pas moi hein. Moi dans la vraie vie de quand je suis pas enceinte, le fromage on en trouve pas ici donc j’y pense pas, je bois pas et j’ai pas fumé depuis 1982 environ. Et pour la drogue, je vois vraiment pas de quoi vous parlez Monsieur le Procureur.

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En fait les seuls trucs qui me sont autorisés et dont Nips fait une consommation illimitée, ce sont les Quality Street rouges, à la fraise, ceux que personne aime.

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20131011.02

J’envisage de monter une société d’échange de Quality Street en ligne, pour un rouge, je vous file 2 pièces jaunes dégueus.

Que tout le monde s’arrache.

Sauf Nips.

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Pose cette noix de coco, Dawling

Il y a un mois (DEZA?? le temps file ma pauvre Geneviève), Dawling, le Wombat et moi, on a déménagé dans notre nouveau chez nous. On est passé de la coolitude / trenditude de North London, à la Cromignoneurie choupitudesque de la petite maison anglaise MIT jardin de la banlieue de West London. On va faire des économies en termes de cocaïne, champagne et boites de nuit, MAIS on le dépensera en plants de rosiers, tondeuse à gazon et rideaux Liberty, si vous voulez.

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Notre maison et notre jardin, ça ressemble à ça:

20130924

La front door, le salon avec la cheminée, pis le jardin avec un chat dedans (pas à moi le chat, il était juste passé faire un petit caca). 

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Quand vous rentrez comme ça, ça a l’air trop bien, surtout que les anciens propriétaires ont eu le bon goût d’emporter  avec eux leurs rideaux en serpillère brodée de romi à fleurs (non sans avoir essayé de nous les refourguer à prix fort, naaaaan, c’est gentil mais ça va aller).  Mais à l’étage, ils ont par contre eu le temps de coller partout de la moquette et de la tapisserie assortie (aux rideaux précités) .

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Je vous le donne en mille, Emile, il va donc falloir faire des travaux.

Alors moi normalement, vous me dites travaux, je commence à sauter partout en bavant d’excitation et d’envie tant la testostérone m’habite.

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Disons que je souffre du syndrome du Français moyen qui envisage éventuellement de se mettre à pédaler et qui donc, par le truchement de l’inadvertance, commence par s’équiper d’un vélo avec un cadre en carbone massif à injections V8, d’une combinaison en kevlar chaleur thermo-dynamique-diffusée en micro-capitons, et du dernier casque Hello Kitty. Avant de faire du vélo une fois, de frôler la mort par crise cardiaque et excision par selle de vélo, et donc de laisser l’équipement de compète rouiller contre le muret du jardin pour touzours.

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Pour les travaux, c’est pareil, je commence par acheter 2T5 de documentation sur le sujet, une décolleuse de papier peint à vapeur 3,000 Watts (LOOOOOVE) ainsi que la ponceuse et la perceuse assorties, en frôlant l’orgasme à la caisse du magasin. Je fais aussi des classements avec tableaux Excel sur les meilleurs ouvriers alentours, en pondérant avec leurs tarifs, leur style, leur rapidité d’intervention et la portion dévoilée de leur raie des fesses pwalue par leur patalon qui tombe.

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C’est héréditaire, je tiens ça de mon père (ce héros – Allô Œdipe?) et je l’ai transmis au Wombat : si on le plonge dans un magasin de bricolage, il est encore plus heureux que si je l’avais amené chez ToysRus. Il faut lui acheter tout le rayon peinture décorative + le rayon tournevis industriels. Il kiffe le rayon plomberie aussi, le tuyau, cet accessoire irrésistible. Et je vous parle même pas du rayon perceuses, à côté les voitures de course radiocommandées, c’est du pipi de Sansonnet de chat.

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Mais le problème, c’est ce pauvre Dawling.

Dawling, il est mi-homme, mi-Ecossais. Et il se prend un peu pour McGyver MAIS IL L’EST PAS DU TOUT DU TOUT. Le magasin de bricolage ? Mais pour quoi faire. Cette fourchette fera un décolle papier peint avec tournevis intégré parfaite. Ma brosse à cheveux c’est un super pinceau à vernis (bon, on a pas de vernis mais on a du Golden Syrup, spareil). Et qui a besoin d’une pince coupante quand on a déjà investi dans ma pince à épiler de lusque il y a 3 ans (dépense qu’on aurait pu éviter d’ailleurs, vu qu’on avait déjà des cure-dents). Dans les chambres, il croit qu’il va bricoler des stores avec le papier cadeau de Noël 1983 et le manche d’un vieux balai trouvé dans la poubelle,  et un parquet en chêne point de Hongrie avec deux noix de coco et un trombone.

*SOUPIR*

Le Wombat et moi, on est des grands frustrés, voyez?  MAIS J’AI PAS DIT MON DERNIER MOT, JOSIANNE.

Je vous tiens au jus quant à l’état des négociations.

In bed wiz ze Wombat

D’un commun accord avec lui-même personnellement, ça fait maintenant 3 ans que notre Wombat dort nuit après nuit dans le lit conjugal. Lit conjugal déjà occupé par un Dawling aux orteils géants (et griffus), rappelons-le.

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Moi à la base, je suis pas contre le cododo, même que mes parents peuvent trop rien dire, vu que dans leur lit conjugal à eux, on était 9: Le père, la mère, 3 enfants, 1 chien et 3 chats (C’était trop bien, surtout l’été quand il faisait 35 degrés la nuit) (sauf quand le chien ou mon frère avaient des crises d’aérophagie).

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Mais là, on est quand même en présence d’un Wombat-Maurice qui pousse le bouchon un peu trop loin, voyez?

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Par exemple, génétiquement parlant, le mini-Dawling a hérité de ses wonder-pouvoirs de l’ongle qui pousse de 4 cm en 2h, et il en est pourvu des orteils ainsi que des doigts de main. Mais alors que Dawling est extrêmement discipliné des orteils du fait de sa stricte éducation anglaise (jamais un orteil plus haut que l’autre, JAMAIS), les orteils du Wombat sont en free-style permanent, avec une attirance préférentielle pour:

– Nos yeux, classique hein. Ça requiert une certaine souplesse mais je vous assure qu’il se débrouille comme un ninja furtif professionnel;

– la peau fine du cou; là où c’est facile, il suffit d’effleurer pour qu’on se retrouve balafrés de haut en bas telle l’Al Capone moyen;

– le gras de la bouée ventrale qui dépasse (NDLR: Dawling a pas de bouée ventrale, cet égoïste);

– le nichon.

Pour ce dernier, c’est LA traque nocturne, la grande aventure de la nuit. C’est rapport au fait que quand j’ai finalement réussi à sevrer ce petit chameau, après 8 mois de lobbying et de lutte au corps à corps pour la libération du nichon, il a accepté MAIS A UNE CONDITION. On a donc un gentleman’s agreement (enfin en tout cas moi j’ai rien signé, RIEN, MAURICE!) qui dit que: le Wombat a droit de triturage acéré de peau délicate des seins et d’extension de tétons entre ses doigts en mode pince coupante à volonté. Ça le réconforte, il faut le comprendre. Par exemple, au cas où un gros monstre velu viendrait lui pincer le tutu par inadvertance,  PAR LE POUVOIR DU NICHON ANCESTRAL, JE DETIENS LA FORCE TOUTE PUISSANTE, HAHA t’es trop feinté, le monstre.

Tout contrevenant à cet accord  est immédiatement savaté.

Bon, j’ai quand même échappé au pire, vu la tête des tétines de bibi en ce moment:

20130819

Il en consomme environ 6 par jour, je vais prendre des actions chez MAM.

(Une fois la tétine entaillée, notez qu’il hurle à la mort en secouant bien pour mettre du lait partout jusqu’à ce qu’un de ses esclaves en présence aille lui en chercher une autre).

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Brèfle.

 

Entre  ses manœuvres d’escalade, de retournement et de faufilage sous couette avec arrachement soudain de l’oreiller pour atteindre le Graal nichonesque, le Wombat dort un peu (parfois).

Et là je pense qu’on a légèrement abusé des cours de Gymboree, vu qu’il a un sommeil UN PWAL agité.  Je pense qu’éventuellement on peut tenter une carrière de natation synchronisée ou bien de Nadia Comăneci, vu l’amplitude et la souplesse des mouvements.  En d’autres termes on se fait marave la face à tour de rôle toute la nuit.  

Avec Dawling, avant, on faisait de l’emmaillotage en couette, qui consiste à en faire 3 tours autour de l’enfant pour momentanément immobiliser ses petits membres musclés. Mais avec le temps il est devenu hyper performant sur le démomifiage, donc on avait plus qu’un temps de sommeil d’environ 16 minutes entre 2 enroulages.  Et récemment il a mis au point une technique dite du kick-boxing express de la couette par rétropédalage, qui n’est pas sans dommages collatéraux si l’enrouleur se trouve encore dans la vicinité. La technique a dû être abandonnée.

 

Heureusement, on a de la chance, il met fin à la magie de la nuit vers 5h00, quand c’est le moment de hurler MAMAAAAAAM, TETOUUUUUUUUUUUUU, vu que le Wombat doit être croisé avec un lémurien nocturne.

 

Mais sinon comme dirait Claude-Suzanne Didierjean-Jouveau, partager le sommeil avec bébé permet de répondre à son besoin constant de présence et de chaleur humaine sans délai et sans fatigue pour la mère.

 

Oui bonjour, j’ai acheté un livre et je voudrais DEMANDER UN REMBOURSEMENT.

Ou retourner le Wombat, éventuellement. Doit y avoir un défaut de fabrication.

 

 

 

Chhht, maman travaille (non non non elle est pas sur Twitter)

 

Le dimanche soir, normalement, c’est la déprime, vu que demain il faut se lever à 6h30.

6h30.

Non mais 6h30 quoi.

 

Mais alors ce soir, c’est encore plus terrible. Parce que cette semaine, j’ai eu un aperçu de ce que pourrait être ma vie de Mamazon (pour les non-initiés, une Mamazon, c’est une femme de Papazon, le papa de la maison, un P.A.F ou père au foyer quoi) (faut aller lire, même que).

La crèche était fermée, et rapport à une sombre histoire de bateau  saisi en Angola, je me devais d’être en faction au bureau. C’est donc Dawling qui s’est collé au gardiennage de Wombat.

 

PINAISE je veux un PAF à plein temps, moi ! C’était merveilleux. On rentre le soir, diner prêt, bébé caca-free déjà baigné et en pyjama. Bon pas nourri, car le Dawling est pas familier avec les préférences gastronomiques du Wombat. L’enfant se nourrit ES-CLU-ZI-VE-MENT de pâtes au pesto – poissons panés – tétous de lait – 3kg de chocolat par jour  (mais ne dites rien à la DASS on risque d’avoir des problèmes). Quand Dawling lui a présenté sa soupe de betterave – poulet- brocoli, il a entamé une grève de la faim reconductible, il en est à son 4ème jour, là (Ce soir il a mangé 2 bib, 5 M&M’s et un œuf au caramel, St Zermati, priez pour lui).

 

Finalement, moi je me suis lancée à corps perdu dans le féminisme, mais en fait la domination, voire l’esclavage des mecs, peut-être ça pourrait être cool aussi? NAN MAIS PAS LONGTEMPS, voyez, juste une petite trentaine d’année, histoire de venger ma mamie par exemple. Ça leur ferait les pieds et puis ce serait éducatif. ET ça serait raccord avec mon énergie du moment (=je veux hiberner pendant 11 mois jusqu’au printemps 2014).

 

Brèfle demain c’est re-boulot, re-sortie de crèche (avant 17h-19h c’était la happy hour, maintenant c’est un peu la suicide hour). Re T’as sommeil ? Dommage, plus que 8h avant le dodo. Et le Wombat qui veut que maman change, maman tiens la cuillère, maman lit Maisy Mouse pour la 24ème fois. NAN PAS DADDY, c’est maman qui fait le bain et le pyjama. Et le tétou un peu chaud, un peu froid. Mais c’est Daddy qui joue aux Légos et aux voitures, vu que maman, à cette heure-ci on l’a assez vue. Moi qui suis si bonne aux Légos en plus.

 

J’ai juste une toute petite petite remarque de rien quand même. Jeudi, Dawling devait amener le Wombat se faire raccourcir le pwal de tête. Dans un élan de confiance en lui de P.A.F. qui gère tout trop bien et qui avait justement une paire de ciseaux à ongles dans la main, il a fait une tentative de brushing sur Wombat.

 

Mon gosse, c’est Benny Hill.

Apocalypse now dans mon salon

Je vous écris pendant que Dawling s’affaire à ranger notre pauvre appartement post-apocalyptique: Aujourd’hui c’était notre tour de recevoir chez nous le groupe des French Mums pour l’afternoon tea, MIT leurs rejetons en pleine force de l’âge.

C’est là que j’ai bien vu que maitresse d’école, en fait, c’est un métier qui s’improvise pas tellement. Et même quand on prépare un truc, je sais pas comment les gens font pour que tout aille according to the plan. Parce que pour moi: NOT. J’avais prévu ds millions de crayons de couleur en titane incassable non boulottable, avec les feuilles de couleur qui vont bien. J’avais prévu des feuilles noires, et découpé des triangles de toutes les tailles et de toutes les couleurs dans des feuilles de mousse autocollantes, l’idée étant de coller les seconds sur les premières pour faire des sortes d’œuvres d’art contemporain *HAHAHAHA*. J’avais sorti les légos et les puzzles. Et j’avais fait un gâteau génoise au citron qui tâche pas et fait pas trop de miettes (sauf si vraiment, on s’applique).

Comme de bien entendu, ces petits enfoirés ont boudé mes activités Montessori *HAHAHAHA bis* pour:

  • Boulotter tous NOS cupcakes de grands et de lusque MIT étaler le délicieux glaçage en ganache au chocolat sur les murs blancs (HEUREUSEMENT qu’on a pas commencé à repeindre, pfiouuu).
  • Faire des glissades en chaussettes sur le parquet avec élan et se manger le coin de la table une fois sur deux: Il y en a même une qui y a planté une dent et qui par conséquent a mis du sang partout. Parait que pour les taches de sang, en plus, on peut même pas les engueuler. Tout se perd, ma pauvre Josiane.
  • Se vautrer en couple dans le lit du Wombat. Notez qu’avant leur venue, j’avais TOUT javellisé dans le moindre recoin, enlevé chaque petit mouton non règlementaire, et même vidé les corbeilles à jouets, aspiré l’intérieur et trié les petits bouts cassé pour que personne ne s’étouffe avec, puis passé les peluches à la machine avant de tout remettre. Mais dans mon ménage minutieux, j’ai oublié un minuscule détail: le lit du Wombat. Or le lit du Wombat, on y change les draps chaque fois qu’il nous tombe un œil, puisqu’il y a jamais mis un orteil. Ou alors, pour *bouquiner, Mummy!* i.e. raconter des histoires à ses ouatures chéries, tout en grignotant du raisin, des fruits secs, des babybels et autres biscuits mietteux dont le chocolat a fondu dans ses petites menottes potelées. C’est à dire qu’il y avait à boire et à manger dans ce lit. Il y en a un qui a trouvé une vieille patate germée et qui l’a goûtée: Hummmmmm, it’s yummy maman de Wombat, c’est toi qui l’a fait? Oui voilà. N’oublie pas de te laver les dents ce soir, hein, quand même.
  • Retrouver au fin fond de sa cachette le garage du Wombat qu’on avait planqué. C’est rapport du 8,000 décibels à la minute qu’il produit et à l’absence de bouton off, en collaboration étroite avec le fait que chaque partie (station de lavage, réparation,  station essence, parking, toboggan etc…) est libre dans sa tête. Et chante à tue-tête. EN MEME TEMPS QUE LES AUTRES. Je pense que le jouet a été mis au point par le KGB chinois à des fins de torture, autrement je vois pas. C’est à dire que même une fois la bande de petits effrontés partis, l’après-midi de folie continue. Super.
  • Entre deux activités éducatives, faire des séances collectives de pot / toilettes, voire les deux en allant de l’un à l’autre. Tout en continuant de faire pipi hein, si vous croyez que c’est facile de s’arrêter en plein milieu. Ma salle de bain, c’est un peu la Nouvelle-Orléans après Katrina.

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Brèfle, une après-midi des plus relaxantes autour d’une tasse de thé, voyez? D’ailleurs, va falloir que j’aille porter secours à ce pauvre Dawling. Il range un mug, il fume une cigarette. Il met une assiette au lave-vaisselle, il boit un verre de vin. Il essuie de la confiture de fraise sur le mur blanc, il prend un Xanax. Il emballe le reste de scones, il tente de se pendre à la gazinière.

A ce train-là, il aura jamais fini quoi.

Happy yummy mummy day!

Si je regarde à droite, je vois Dawling en train de dire que des gros mots à en cracher son IPA vu que l’Italie est en train de marquer des essais contre la Britonnie au tournoi des 6 nations.

Si je regarde en face, y a mon lave-linge qui sonne stridemment toutes les 3 minutes pour me dire que le cycle est fini. C’est un lave-linge allemand, voyez. Loin de moi l’idée de vouloir perpétuer des clichés pourris mais il est pugnace le gars, il me rappelle un peu copine suisse-allemande. Y a pas de procrastination qui tienne.  Tant que je suis pas allée lui débrancher la tronche, vous pouvez être sûrs qu »il va continuer à me vriller le tympan avec VIELE rigueur.

Si je regarde à gauche, y a un bébé couché, face contre parquet tellement que la vie, elle est trop pô juste, qui geint  Maaaamaaaaan. C’est vrai, c’est digoulasse, pendant 3 minutes, je fais autre chose que faire l’esclave d’enfant rouleuse de taxi décolleuse d’autocollants récalcitrants baisseuse de slip pour un T’as fait pipiiiii? BRAAAAVOOOOO WOOOMBAT! Est-ce que ça compte que je viens de passer 45 minutes pliée en 6 dans son mini-lit, à lui apporter 3 bibs à la suite, lui laisser me ploter les nichons de ses mini-griffes acérées pendant qu’il boit, à lui lire 4 histoires et à lui chanter environ 23 fois *Twinckle twinckle little star*? => NAN.

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ALORS QUE EXCUSEZ-MOI DE VOUS FAIRE SIGNALER, mais c’est la fête des mères anglaise aujourd’hui. Je suis gâtée, hein?

Trop de choix tue le choix

Ce week-end, on est allé étudier un autre quartier londonien dans son milleu naturel et sauvage. C’était un quartier près de la Tamise, à l’Ouest, ou il y a zéro école française, mais pleins d’écoles anglaises à uniforme & écusson très classieuses.

J’ai beaucoup pensé à Angel CoinCoin, car c’était le monde merveilleux du canard sauvage qui s’ébroue en liberté et vient vous raconter sa vie d’un air péremptoire et convaincu. Il faut dire que c’était une belle journée printanière, on portait même pas de moufles ou de cagoules, et dans le ciel, il y avait un truc jaune brillant et chaud qu’on avait pas vu depuis 1983 (l’époque où Dawling avait une moustache et les cheveux longs) = le soleil.

Alors que quand on est allés voir le quartier de la probable école française du Wombat, on avait perdu deux dents et 3 oreilles chacun par ce froid de canard (on parle beaucoup de canards aujourd’hui, non? Angel Coincoin qu’as-tu fait?), même que mes pieds affichaient -45 degrés et que j’avais dû les faire fondre dans un ragoût de bœuf le soir.

Du coup, pour le moment, je suis moyen objective, je veux TOUT plaquer et aller vivre parmi les coincoins.

La seule grenouille dans la soupe aux épinards, c’est qu’à midi, on s’est arrêtés dans un resto, certes sur de magnifiques écluses de la Tamise, avec le doux son de la cascade qui caracole sur les rochers mousseux et le soleil qui vient te caresser la joue gauche. MAIS qui nous a facturé un total de 8 millions de US$ pour du blanc de poulet poché un pwal vert aux entournures pour le Wombat(on espère que c’était des herbes et pas du moisi mais c’est pas encore sûr), et pour nous du gras de porc tellement filandreux qu’il t’aurait niqué la canine récalcitrante si nécessaire.

Alors que de retour à la maison, dimanche, on est allés dans notre resto du coin des poulets rôtis (c’était décidément une week-end autour du thème de la volaille), et qu’on vendrait ma mère pour leurs frites & consorts.

Bon.

Education de mon fils OU BIEN canard sauvage OU BIEN mon estomac.

C’est un peu le choix de Sophie. Je sais pas quoi faire.

 

 

 

Un dimanche soir, sur la terre

(Ne me remerciez pas pour la chanson moisie dans la tête) (déjà que c’est dimanche soir et que en plus la reine est malade)

Je suis en direct de mon lit  chéri. Mais sauf que. Le Wombat dort à côté de moi. J’ai mis à peu près 2 heures à l’endormir. Mais au moment où j’ai replacé la couette sur lui avec tendresse et un sourire doux telle la Caroline Ingalls classique, un délicieux fumet est venu me dilater la narine gauche. Il a bousé ce petit effronté.

Rembobinage dans le dedans de ma tête => Aaaaaah c’est pour ça qu’il voulait  pas pioncer => médaille d’or de la mère pourrie du dimanche soir.

Je vais donc devoir le REVEILLER, pour le changer *joie*. J’ai attendu un peu de voir si Dawling, des fois, se porterait pas un peu volontaire, mais il semblerait que je puisse me gratter, Marcel. Lui, de son côté, il fait mine que, soucieux du sourcil, il lirait tous les articles pour prendre des nouvelles de sa pauvre Majesté. On voit bien qu’il a été entrainé par le MI6 pour JAMAIS craquer, voyez?

Allez, j’y vais, souhaitez moi LE BON CHANCE.

En plus il a bouffé de l’agneau, le PIRE.

 

 

EDIT: Voilà. Il est tout propre du tutu et ses testiboules brillent de mille feux tout en reniflant la fleur printanière fraichement coupée. ET IL DORT.  Je vous chache pas qu’il est 48h de la nuit, vu qu’il a fallu lui lire deux histoires et lui re-filer 2 bibs:
=> Il va sûrement faire pipi comme une vache nourrie à la Guinness extra cold toute la nuit
=>la couche va sûrement nous exploser sur le coin de la carafe at some point
=> il faudra sûrement lui rechanger au milieu de la nuit
=> donc il faudra lui refiler un bib pour le re re rendormir
=> et ainsi de suite jusqu’à ce que bureau s’en suive et que je dusse boire 28 cafés pour me maintenir artificiellement en vie
=> je vais faire pipi toute la journée comme une girafe atteinte de cystite
=> heureusement que je porte pas de couche, sinon on serait pas rendue ma pauvre Lucienne.  

La naissance, ce moment merveilleux #2

Le début de ce récit palpitant et émotionnant est ici.

 

A 22 heures ce samedi soir, moi j’aurais dû être dans le restaurant gastronomique d’un hôtel de lusque de Richmond, au bord de la Tamise, que Dawling avait réservé pour notre anniversaire de mariage.

 

A la place, j’ai mangé des chips au vinaigre et du snickers fondu de contrebande de la machine à café. Mais c’était merveilleux. Car depuis que j’ avais renoncé à Chantal (c’est ELLE QUI A COMMENCE), et que j’avais eu ma péridurale, j’avais plus mal au dos, j’avais plus mal au ventre, j’avais plus envie de vomir, et j’avais même plus besoin de me lever pour aller faire pipi comme toutes les 23 minutes depuis 3 mois. Une sage-femme était à disposition pour m’apporter à boire, me regonfler mon coussin et me faire des bisous à la main si nécessaire. J’avais le lit pour moi tousseul, Dawling pouvait bien se débrouiller avec son fauteuil tout pourri, moi je parlais aux oiseaux (des restes de la morphine sans doute).

 

Mais ça n’a pas duré, ma pauvre Geneviève. Car Chantal est reviendue se venger, et sa colère a été terrible.

 

Le lendemain matin à 6 heures, j’ai dû dire adieu à la merveilleuse sage-femme qui a été remplacée par une autre. La nouvelle avait apparemment été formée à Guantanamo : On était plus là pour rigoler, voyez ? Or, malgré le monitoring des contractions qui affichait un 42 sur l’échelle de Richter toutes les 3,5 secondes environ, au niveau du col, c’était la  mer des îles Grenadines, QUEDALLE.

 

Comme il fallait bien lui faire les pieds à ce col récalcitrant, PAF, elle est allée lui chercher la perf d’ocytocine sous les ricanements de Chantal.

 

A 11h, elle a décrété que voilà, on avait qu’à dire que j’étais prête à pousser, vu que les 24 heures fatidiques après la perte des eaux allaient plus trainer et qu’elle avait pas l’habitude de se laisser faire par  les mollassonnes du col comme moi.

 

Là moi je me suis rappelée de cette bonne vieille Chantal, et j’ai demandé si on pouvait vraiment pousser comme il faut sous péridurale, vu que j’avais pas l’impression de ressentir grand-chose.

 

Elle a dit : NON. Et elle a éteint la péridurale, PAF. Bien fait pour moi.

 

Au bout de quelques minutes, j’avais toujours pas envie de pousser, par contre j’avais super envie de me foutre en l’air vu comment j’étais de nouveau en train de décéder vivante sur place. Marie-Thérèse la sage-femme a alors pris les choses en mains en s’asseyant sur mon bras perfusé (elle et ses 240 pounds de tutu) puis en me coinçant les doigts dans l’articulation du lit. Fallait que je me bouge le séant, que j’arrête mon cirque et que je me mette en levrette. Ordre du général.

 

Scoop : Se mettre en levrette avec la colonne vertébrale brisée et la perf emmêlée, ça atténue pas tellement la douleur, en fait. Pis là, il a fallu pousser. Sans péridurale, sans avoir envie, et sans qu’il se passe jamais rien. Je sais pas exactement combien de temps s’est écoulé (looooooooongtemps), occupée que j’étais à vomir / pleurer / tenter de sauter par la fenêtre / feinter le tutu de Marie-Thérèse qui était irrésistiblement attiré par  le moelleux de mon bras perfusé.

 

Mais au bout d’un moment, Dawling a dû finir par dégotter un bazooka et faire venir de l’aide. Une autre sage-femme de 12 ans et demi m’a annoncé qu’on partait au bloc, mais que du coup, une fois qu’on y serait,  ils allaient devoir me faire une rachianesthésie. Et elle a commencé à me lire les 8 pages recto-verso du consentement éclairé du patient sur tous les effets secondaires du bouzin (en Anglais, mais bon à ce stade et dans mon état, ça aurait été du Ouzbek occidental que j’aurais pas mieux compris). Elle avait aussi l’air assez embêtée parce qu’ils trouvaient pas de pantalon à la taille du pti postérieur du Dawling, ça va tomber Monsieur, ou alors faudra bien serrer la ficelle mais ça va bailler au niveau des cuisses. (REALLY ?? )

 

Ensuite, il me semble qu’on a traversé l’hôpital sur une route non goudronnée avec beaucoup de nids de poules pour atteindre le bloc opératoire, ce passage est un peu flou. Mais en tout cas, j’ai pas réussi à mettre fin à mes jours en me jetant sous les roues du brancard, vu qu’arrivés de l’autre côté j’étais toujours au bord de la mort, en train d’essayer de les insulter mais vas-y, rappelle-toi de ce qu’ils disent dans les films de Tarantino en Anglais avec la colonne vertébrale brisée en position de levrette.

 

Puis un type à lunettes planqué derrière un masque m’a sanglée et fait une piqûre dans le tuyau de la péridurale, et j’ai ENFIN été soulagée. Par contre j’avais des steaks froids à la place des jambes et les bras attachés, on peut pas dire que c’était aussi jouissif que la première fois.

 

Il s’est avéré que le Skips était pas du tout en position mais au fond du couloir à droite en train de regarder ailleurs. Il a fallu lui remettre la tête dans l’axe et aller le chercher avec des couverts à salade (c’est joli comme petit nom pour des forceps, nan ?).

 

Mon Womnbat est né à 15h12.

On me l’a rapidement montré mais je l’ai pas vu tout de suite, parce que j’avais pas mes lunettes.

Dawling est allé le surveiller pendant qu’on l’examinait,  et puis on l’a enveloppé dans un linge et on me l’apporté.

Il avait les cheveux orange dressés sur la tête, les marques des forceps et il sentait le bacon grillé (l’odeur la plus délicieuse du monde). Il a pas voulu manger, mais il s’est endormi sur moi en ronronnant un peu (le bruit le plus délicieux du monde).

 

Le temps s’est arrêté.