drenka au pays des kangourous: épisode 12 – Peindre avec les Aborigènes

Le Heavy Metal qui succède à Pink Flloyd nous secoue un peu les puces et annonce notre arrivée dans la communauté aborigène de Wallace Rockhole (10), sur la route de Larapinta.

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20080608.02

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A Wallace Rockhole vit une petite communauté Arrarnta (ils sont une centaine), dans des bâtiments préfabriqués. A l’entrée, un panneau bleu:

Warning. Prescribed Area. No Liquor. No Pornography.

[*WARNING, parenthèse pas rigolote*

L’Histoire récente des Aborigènes d’Australie est pour nous révoltante, un véritable génocide, toujours en marche aujourd’hui. Les Aborigènes étaient des peuples de chasseurs-cueilleurs avant que la colonisation par les Anglais commence à la fin du XVIIIème siècle. La première conséquence de l’installation des colons (« English Settlement ») a été leur décimations par les maladie des blancs, en particulier la variole. Leurs terres leur ont de fait été confisquées, et en 1971 (oui oui, il y a 30 ans), un jugement a déclaré l’Australie « Terra Nullius », autrement dit, il n’y avait personne avant que les colons britaniques arrivent, et nous ne devons rien à personne. Ce n’est qu’en 1992 qu’un nouveau jugement a été rendu en sens contraire, autorisant de nouveau les Aborigènes à se prévaloir de leur titres de natifs.  C’est seulement dans les années 1990 et 2000 que certains sites sacrés, comme Uluru, leur ont été officiellement rétroconcédés, sous certaines conditions.

Le siècle dernier a été meurtrier pour les Aborigènes. Jusqu’en 1969, sous couvert de protection infantile, les enfants ont été systématiquement arrachés à leur famille pour être placés dans des familles d’accueil (blanches) ou des orphelinats. On appelle ces enfants la « stolen generation ».  En somme, après les avoir privés de leurs terres, de leur mode de vie, de leurs ressources, on leur impose le mode de vie à l’occidentale et on leur reproche leur dépendance à l’Etat, le fait qu’ils soient des assistés, et inadaptés sociaux. Dans cet article, une infirmière donne cet exemple:

Savez-vous pourquoi les toilettes de leurs maisons sont bouchées? Parce qu’ils utilisent des pierres pour se torcher, comme avant dans le désert. Il faudrait des toilettes sèches, et autre chose que ces préfabriqués dessinés pour un couple et deux enfants occidentaux et totalement inadaptés à un mode de vie clanique!

On les considère comme une bande d’alcooliques, bien que le taux de personnes alcooliques semble être sensiblement le même chez les Aborigènes que chez les blancs (15% contre 14%): on accuse les Aborigènes d’être plus fragiles, et il y a en effet plus de mortalité due à l’alcool chez les Aborigènes. Mais je ne sais pas si cela prouve leur fragilité, étant donné que  l’espérance de vie des Aborigènes aujourd’hui est généralement très basse (de l’ordre de 45 ans!), en raison de leur pauvreté.

L’année dernière (en 2007), une commission d’étude a rendu un rapport intitulé  » Little Children are Sacred » (les Petits Enfants sont Sacrés), dénonçant notamment la pédophilie et les violences faites aux femmes, considérées comme endémiques  dans certaines communautés aborigènes, dont celles des Territoires du Nord. Des mesures drastiques ont alors été entreprises, dont la prohibition de l’alcool, le renforcement des présence policières (voire de l’armée)  sur place, et le ponctionnement des revenus des membres des communautés afin de réserver une partie de l’argent au paiement de la cantine des enfants.  Ces mesures ont été critiquées, considérées comme ségrégationnistes, puisque seuls les blancs peuvent acheter de l’alcool. On a aussi dit que la prétendue pédophilie n’était qu’un pretexte pour que l’Etat assoie son contrôle sur ces communautés.

 *Fin de la parenthèse pas rigolote*]

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On arrive au camps qui est à l’arrière du village, et on part explorer la nature environnante, qui nous donne un aperçu de ce qu’a pu être la vie des Aborigènes il y a quelques années. Un guide à moustache (pas tellement aborigène) nous montre un site de peintures rupestres, et nous explique les symboles utilisés dans la peinture. Il nous montre aussi comment étaient utilisés les outils, et l’utilisation de certaines plantes à des fins médicinales. Et puis il nous explique comment de comporter dans la société mondaine aborigène:

  • Règle numero 1: Il ne faut JAMAIS parler à sa belle-mère, et si elle vous adresse la parole, surtout ne jamais la regarder dans les yeux, toujours regarder ses chaussettes.
  • Règle numero 2: Tout ceux qui ont le même prénom sont considérés avoir la même descendance. I.e., mettons que tu t’appelles Paul. Et que t’as un pote qui s’appelle aussi Paul. Bin non seulement tu ne dois JAMAIS parler à ta Belle-Mère, mais encore tu ne dois JAMAIS parler à la Belle-Mère de ton copain Paul. Note qu’il n’y a que 16 prénoms dans la culture aborigène, ce qui te fait potentiellement un grand nombre de Belle-Mère, malheureux (Bon, n’empêche que mon peintre préféré s’appelle Helicopter Tjungurrayi,  vous avourez que s’ils sont tous comme ça les prénoms, on est pas rendus).
  • Règle numero 3: Parfois, le plan de table détermine ta place dans la famille. Par exemple, mettons que tu es une fille et assise autour du feu de camps à droit d’un Monsieur. Le monsieur refuse de te parler, ou même de te regarder. Toi tu voudrais bien le sel, pourtant. Alors c’est parce que c’est tradionnellement la Belle-Mère qui est assise à droite du mari, et donc par le truchement de la logique aborigène, PAF, tu deviens sa Belle-Mère par alliance du tour de feu de camps. C’est pas qu’il veut pas te passer le sel:  C’est qu’il te respecte trop pour ça.
  • Règle numero 4: La chasse au kangourou est interdite, sauf dérogation du chef.
  • Règle numero 5: Au pire, si vraiment le kangourou, il te cherchait depuis un moment et que bon, toi t’étais à bout tellement qu’il t’a grave énervé (mettons qu’il disait qu’il adooooore Nadine Morano), et que PAF, tu l’as chassé sans permission. Alors il faudra le cuisiner dans la terre, et donner les tripes et la queue au chef (non sincèrement chef, vraiment ça me fait trop plaisir que tu prennes les tripes et tout).

En rentrant, les femmes nous montrent leur gallerie de peinture, et nous donne un cours: on fait chacun un marque page aborigène (hum). En avant première mondiale, je dévoile mon chef d’oeuvre:

20080611.08

 Je l’ai appelé Parcours typique de Dawling un vendredi soir d’été (de pub en pub, il faut en faire 6 en une heure)(je t’ai déjà dit que c’était des gens hyper raffinés les brittons ou pas?).

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Ce soir, c’est notre dernier feu de camp déjà – tout le monde est un peu nostalgique et d’humeur tendre. Ma sœur, qu’est quasi pas lavée depuis une semaine, en lunettes, polaire fluo et chaussettes de camping dépareillée, finit quand même la nuit sous le tente de son Australien. RES-PECT.

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drenka au pays des kangourous: épisode 4 – La ptite Candidon est priée de ramener son cucul fissa

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1. Sullivan Hotel
2. Magasins
3. Art Gallery NSW
4. Sydney Opera House
5. Ferries pour Taronga Zoo
6. Sydney Harbour Bridge

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En fouillant dans la valise ce matin, je me rappelle qu’on avait regardé Yahoo Météo avant de venir. Bin on dirait que Sydney c’est tellement loin, que Yahoo météo, il y est jamais allé, en vrai. D’ailleurs, quand tu lui demandes quel temps il fait là-bas, il te répond: Hampden Sydney dans le VA? (Mais NON, le 22, à Asnières). Là, il nous avait dit que c’était un automne doux, en juin à Sydney. Bon un automne doux apparemment en fait, ça veut dire: Prends tes bottes, ton ciré, ta marinière et ton bonnet de laine, VOIRE ta culotte-méga-couvrante molletonnée étanche à 30 mètres de profondeur. Nous, on a donc prévu robes légères / tongs / planches de surf, mais comme habits chauds, en revanche, quedalle, et on doit puiser dans l’équipement sexy de camping. Disons qu’en nous voyant on a l’impression que nous devons tailler notre chemin à la machette à travers les toiles d’araignées venimeuses et daltoniennes. Or le combo-pantalon-de-camouflage-chapeau-de-camping-polaire-violette-fluo, c’est chatoyant mais pas des plus seyant. C’est un peu dommage vu la concentration de pti poney au mètre carré. Dr Chase, tu comprends pourquoi il est viendu au States, c’est qu’en Australie, au miyeu de ses confrères poney, il semble tout juste de moyenne catégorie. Pis j’espère que j’ai pas croisé Eléonore Bridge, sinon ma carrière internationale mondiale est foutue.

Du coup, première chose à faire : du shopping, PAS LE CHOIX, ma pauvre Lucette. Pour enfin retrouver le style, la classe (Mouahaha), et la chauditude qui nous caractérisent, et puis pour pas se faire jeter à l’entrée du Sydney Opera House.

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Vivienn, ça faisait deux jours qu’on la tenait plus, elle sautait partout en bavant, vu qu’elle voulait voir de l’art aborigène TUSSUITE. Elle avait appris tous les noms des artistes pour l’occase, et donc on est allé au musée de l’art aborigène. Je n’ai pas pu prendre de photo mais je vous montre mes deux peintres préférée : Helicopter Tjungurrayi et Lucy Loomoo  (faut cliquer).

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Là, le séjour dedans le musée s’est un pwal prolongé, vu que déjà, pour Vivienn, il faut compter de l’ordre de 2h45 par tableau, et que ma sœur en a profité pour aller se balader sans nous préviendre. Comme elle avait pas de téléphone, pas d’argent, que l’accent australien c’est Rrrrrrrr mais qu’on comprends pas la queue d’un début de mot, on a cru qu’elle s’était faite enlever, séquestrer, violer et droguer puis envoyer en Papouasie Nouvelle-Guinée pour y être mangée toute crue (on sait jamais) (la peau de ma sœur est tellement tendre). En fait, on l’a retrouvée tranquille planquée derrière une sculpture, après avoir négocié une annonce au micro, qu’on a eu le droit de faire EN ANGLAIS parce que sinon la Dame elle avait peur qu’on lui fasse dire des cochonneries.

La petite CANDIDON est attendue à l’accueil par sa pauvre mère et sa pauvre sœur qui pleurent en rédigeant son oraison funèbre.

PS : Si t’es vivante, on te fait la peau.

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En sortant, on est allé marcher dans le jardin botanique le long de la mer (de Woolloomooloo Bay, car les Australiens ils sont trop trop forts en noms rigoloomooloo), et on est arrivées nez-à-nez avec mon monument préféré du monde entier réuni : Le Sydney Opera House.

Note que  Jørn Utzon, l’architecte, moi je l’aime bien: Il avait prévu que ça serait fini, oh disons, dans 6 ans (en 1963), pis que ça coûterait, voyons, dans les 7 millions de dollars à peu près. Finalement, il a fallu créer presque chaque tuile de céramique individuellement, et repenser complètement l’intérieur qui était tout pourri pour les oreilles (d’après les experts, les musiciens risquaient de devenir sourds, c’est ennuyeux tout de même), et du coup, le projet s’est terminé en 1973 (rhoooo, juste 10 ans de retard) et a coûté un pti peu 102 millions (Rhoooo, juste 14 fois le budget hein, vous pinaillez, là). Bon, moi les gens qui dépassent un PWAL leur budget et qu’après ils se font gronder par d’autres gens par principe légèrement psychorigides du porte-monnaie , ça m’inspire beaucoup de sympathie.  Et je dis pas ça rapport à mon découvert et ma casse-nouille de banquière hein, PAS DU TOUT. Mais enfin, avant de toujours bougonner dans ta barbe, regarde le résultat, Martine:

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Admire mon chapal de pluie, il est pas de toute beauté ?? Si j’aurais su, j’aurais emmené mon bonnet orange, ça m’aurait fait la collection de photos du petit nain d’Amélie Poulain.