drenka au pays des kangourous: épisode 12 – Peindre avec les Aborigènes

Le Heavy Metal qui succède à Pink Flloyd nous secoue un peu les puces et annonce notre arrivée dans la communauté aborigène de Wallace Rockhole (10), sur la route de Larapinta.

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A Wallace Rockhole vit une petite communauté Arrarnta (ils sont une centaine), dans des bâtiments préfabriqués. A l’entrée, un panneau bleu:

Warning. Prescribed Area. No Liquor. No Pornography.

[*WARNING, parenthèse pas rigolote*

L’Histoire récente des Aborigènes d’Australie est pour nous révoltante, un véritable génocide, toujours en marche aujourd’hui. Les Aborigènes étaient des peuples de chasseurs-cueilleurs avant que la colonisation par les Anglais commence à la fin du XVIIIème siècle. La première conséquence de l’installation des colons (« English Settlement ») a été leur décimations par les maladie des blancs, en particulier la variole. Leurs terres leur ont de fait été confisquées, et en 1971 (oui oui, il y a 30 ans), un jugement a déclaré l’Australie « Terra Nullius », autrement dit, il n’y avait personne avant que les colons britaniques arrivent, et nous ne devons rien à personne. Ce n’est qu’en 1992 qu’un nouveau jugement a été rendu en sens contraire, autorisant de nouveau les Aborigènes à se prévaloir de leur titres de natifs.  C’est seulement dans les années 1990 et 2000 que certains sites sacrés, comme Uluru, leur ont été officiellement rétroconcédés, sous certaines conditions.

Le siècle dernier a été meurtrier pour les Aborigènes. Jusqu’en 1969, sous couvert de protection infantile, les enfants ont été systématiquement arrachés à leur famille pour être placés dans des familles d’accueil (blanches) ou des orphelinats. On appelle ces enfants la « stolen generation ».  En somme, après les avoir privés de leurs terres, de leur mode de vie, de leurs ressources, on leur impose le mode de vie à l’occidentale et on leur reproche leur dépendance à l’Etat, le fait qu’ils soient des assistés, et inadaptés sociaux. Dans cet article, une infirmière donne cet exemple:

Savez-vous pourquoi les toilettes de leurs maisons sont bouchées? Parce qu’ils utilisent des pierres pour se torcher, comme avant dans le désert. Il faudrait des toilettes sèches, et autre chose que ces préfabriqués dessinés pour un couple et deux enfants occidentaux et totalement inadaptés à un mode de vie clanique!

On les considère comme une bande d’alcooliques, bien que le taux de personnes alcooliques semble être sensiblement le même chez les Aborigènes que chez les blancs (15% contre 14%): on accuse les Aborigènes d’être plus fragiles, et il y a en effet plus de mortalité due à l’alcool chez les Aborigènes. Mais je ne sais pas si cela prouve leur fragilité, étant donné que  l’espérance de vie des Aborigènes aujourd’hui est généralement très basse (de l’ordre de 45 ans!), en raison de leur pauvreté.

L’année dernière (en 2007), une commission d’étude a rendu un rapport intitulé  » Little Children are Sacred » (les Petits Enfants sont Sacrés), dénonçant notamment la pédophilie et les violences faites aux femmes, considérées comme endémiques  dans certaines communautés aborigènes, dont celles des Territoires du Nord. Des mesures drastiques ont alors été entreprises, dont la prohibition de l’alcool, le renforcement des présence policières (voire de l’armée)  sur place, et le ponctionnement des revenus des membres des communautés afin de réserver une partie de l’argent au paiement de la cantine des enfants.  Ces mesures ont été critiquées, considérées comme ségrégationnistes, puisque seuls les blancs peuvent acheter de l’alcool. On a aussi dit que la prétendue pédophilie n’était qu’un pretexte pour que l’Etat assoie son contrôle sur ces communautés.

 *Fin de la parenthèse pas rigolote*]

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On arrive au camps qui est à l’arrière du village, et on part explorer la nature environnante, qui nous donne un aperçu de ce qu’a pu être la vie des Aborigènes il y a quelques années. Un guide à moustache (pas tellement aborigène) nous montre un site de peintures rupestres, et nous explique les symboles utilisés dans la peinture. Il nous montre aussi comment étaient utilisés les outils, et l’utilisation de certaines plantes à des fins médicinales. Et puis il nous explique comment de comporter dans la société mondaine aborigène:

  • Règle numero 1: Il ne faut JAMAIS parler à sa belle-mère, et si elle vous adresse la parole, surtout ne jamais la regarder dans les yeux, toujours regarder ses chaussettes.
  • Règle numero 2: Tout ceux qui ont le même prénom sont considérés avoir la même descendance. I.e., mettons que tu t’appelles Paul. Et que t’as un pote qui s’appelle aussi Paul. Bin non seulement tu ne dois JAMAIS parler à ta Belle-Mère, mais encore tu ne dois JAMAIS parler à la Belle-Mère de ton copain Paul. Note qu’il n’y a que 16 prénoms dans la culture aborigène, ce qui te fait potentiellement un grand nombre de Belle-Mère, malheureux (Bon, n’empêche que mon peintre préféré s’appelle Helicopter Tjungurrayi,  vous avourez que s’ils sont tous comme ça les prénoms, on est pas rendus).
  • Règle numero 3: Parfois, le plan de table détermine ta place dans la famille. Par exemple, mettons que tu es une fille et assise autour du feu de camps à droit d’un Monsieur. Le monsieur refuse de te parler, ou même de te regarder. Toi tu voudrais bien le sel, pourtant. Alors c’est parce que c’est tradionnellement la Belle-Mère qui est assise à droite du mari, et donc par le truchement de la logique aborigène, PAF, tu deviens sa Belle-Mère par alliance du tour de feu de camps. C’est pas qu’il veut pas te passer le sel:  C’est qu’il te respecte trop pour ça.
  • Règle numero 4: La chasse au kangourou est interdite, sauf dérogation du chef.
  • Règle numero 5: Au pire, si vraiment le kangourou, il te cherchait depuis un moment et que bon, toi t’étais à bout tellement qu’il t’a grave énervé (mettons qu’il disait qu’il adooooore Nadine Morano), et que PAF, tu l’as chassé sans permission. Alors il faudra le cuisiner dans la terre, et donner les tripes et la queue au chef (non sincèrement chef, vraiment ça me fait trop plaisir que tu prennes les tripes et tout).

En rentrant, les femmes nous montrent leur gallerie de peinture, et nous donne un cours: on fait chacun un marque page aborigène (hum). En avant première mondiale, je dévoile mon chef d’oeuvre:

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 Je l’ai appelé Parcours typique de Dawling un vendredi soir d’été (de pub en pub, il faut en faire 6 en une heure)(je t’ai déjà dit que c’était des gens hyper raffinés les brittons ou pas?).

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Ce soir, c’est notre dernier feu de camp déjà – tout le monde est un peu nostalgique et d’humeur tendre. Ma sœur, qu’est quasi pas lavée depuis une semaine, en lunettes, polaire fluo et chaussettes de camping dépareillée, finit quand même la nuit sous le tente de son Australien. RES-PECT.

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drenka au pays des kangourous: épisode 11 – Mais où sont les Okapis?

Encore un départ aux aurores, pour voir les Gorges de Glen Helen (7)  et d’Ormiston (8), le long de la route de Namatjira. Ca fait longtemps que je vous ai pas gonflés avec ma carte, nan?

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Instructions spéciales de Miguel: Faut pas mettre de Chanel no 19, rapport aux wallabies des Roches qui les habitent et qui ont un petit nez sensible. Me demande si entre Chanel numéro 19 et l’odeur de mes chaussettes de camping, les wallabies des roches préfèrent vraiment ces dernières mais enfin BREFLE.

Les Gorges sont un alignement de belles roches (de quartz?) jaune, orange et rouges, autour d’un lac (Ormiston Pound – le plus profond du Parc des West Mac Donnell). Les géologues pensent qu’il s’est passé quelque chose de particulier (j’ai dit déjà que je suis une quiche en géologie ou pas?) et que ces rochers rouges étaient beaucoup plus loin mais ont été précipités ici avec force: On voit deux couches de roches de deux couleurs distinctes, et Miguel, avec la poésie qui caractérise les Australiens, dit que c’est comme un hamburger géant (une tranche rouge de viande entre des tranches jaunes de pain). Nous suivons la piste (de feignasse qui dure 20mn seulement) de Ghost Gum Lookout. Le Ghost Gum (Gommier fantôme) est un arbre de la famille  des Eucalyptus – Eucalyptus papuana : Il a un beau tronc blanc qui lui vaut son nom de fantôme. Les Aborigènes en extraient la gomme (résine)  pour soigner leurs bobos: on fait tremper dans l’eau pour la rendre molle et collante, puis on l’applique sur la peau pour désinfecter.

Et j’avais raison, wallabies ont sûrement été terrifiés par l’absence de Chanel numéro 19 (cet article n’est pas sponsorisé) et ne se sont pas montrés. Les autres en ont bien aperçu un ou deux de loin, mais moua, miro comme je suis, z’a rien vu du tout ma pauvre Micheline.

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Puis nous partons pour les Ochre Pits (mines d’ocre) (9). Vivienn, qu’a fait pas mal de progrès en accent australien, me dit « Ah bon?  Je savais pas que y avait des okapis en Australie. »  Les Aborigènes s’approvisionnent en pigments ici depuis la nuit des temps, seuls ceux qui y ont été formés peuvent l’extraire. Mélangé à du gras d’emeu, l’ocre  fait de la bonne peinture pour s’enduire le corps pour les cérémonies. L’ocre rouge protège aussi le bois des lances des termites:

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Les ocres vont du jaune au brun en passant par l’orange, mais je ne les trouve pas aussi spectaculaires que nos bonnes vieilles ocres de Roussillon. Mais je sais pas si je suis objective, vu que Roussillon c’est quand même un souvenir d’enfant:

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Là c’est ma sœur et moi à Roussillon (note qu’à 14 ans, j’étais déjà mal barrée pour devenir blogueuse mode)

Après ça, BARBEUC time ! Avec des vrais burgers australiens (i.e. MIT des tranches d’ananas en boite), z’en ai mangé à peine 4. Très raisonnable. Et puis on repart. Il y a un peu de route, on peut faire la sieste, Miguel nous berce avec un peu de Pink Floyd, entre ça et le festin que je viens de me taper, autant te dire que j’ai écrasé, BIG TIME (pas vu grand chose du reste de la  route de Namatjira).

drenka au pays des kangourous: épisode 10 – Il ne faut pas boire l’eau du Jardin d’Eden

Mmmmm trop bien dormi, un duvet, ça te change la vie hein! Note que la nuit était pas aussi froide qu’hier, et que la vue apparemment unique sur le ciel étoilé a motivé les Autrichiens pour dormir à la belle étoile. Là, s’il y avait mon frère, il vous aurait expliqué qu’en effet, c’est fascinant, parce que dans l’hémisphère sud, pas d’Etoile du Nord, Croix du sud, boite à bijoux, Centaure, Mouche & confrères. Mais moi je suis une chèvre en astronomie (j’ai pas pu aller aux cours en première A, j’avais chocolat chaud) et j’ai préféré aller ronfler en bavant AU CHAUD et loin des scorpions DEDANS ma tente.

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C’est rapport que le matin, on est parti à 5H (TRUE STORY BIS REPETITA) pour Watarrka National Park (Kings Canyon) (numéro 6 sur la carte). Comme son nom l’indique, c’est un Canyon, c’est-à-dire des falaises rouges de 300m de haut, qui abritent au milieu une forêt luxuriante.

Il faut y aller tôt parce qu’il semblerait qu’on soit en plein miyeu du désert australien, là où le soleil est pas là pour rigoler et fait pas de prisonnier. Cela aurait été l’occasion pour ma sœur et moi de parfaire notre bronzage, mais problème: nous voyageons avec Vivienn-la-dermato, et par le truchement de la conséquence avec 3 chapeaux, 2 moustiquaires, 4 couches de crème solaire indice 75, et 2 chemises anti-UV. Parce que Vivienn elle dit: « On reconnait les Australiens au nombre de cancers de la peau qu’ils se tapent ».

La promenade est une petite boucle de 6km qui permet de marcher autour du Canyon puis de descendre à l’intérieur. Ca commence par une légère montée qui s’appelle « Heartbreak Hill » ou « Heart Attack Hill », la montée de la crise cardiaque. Ca tombe bien: mon cardiologue m’a dit: « INCOMPATIBLE AVEC L’EFFORT ». Mais bon, je m’en suis sortie comme une cheffe, en ne m’évanouissant que 2 fois et en  faisant que 3 pauses de 20mn chacune. Sta dire que d’en haut, on voit ça:

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On descend au milieu des palmiers et des fougères jusqu’au jardin d’Eden, un bassin dans les rochers où notre aventureuse australienne descend se baigner. Nous non, vu que l’eau est réputée pour être contaminée à l’E. Coli, mère des cystites et de leur copine la tourista, mes préférées.

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De l’autre côté, on remonte par des escaliers ajourés entre deux ponts à la Indiana Jones.  A ce stade, je rappelle que Vivienn et moi avons le vertige sur un tabouret. Autant te dire qu’on était pas loin d’y passer la nuit. Mais heureusement, la honte d’être le boulet de service est parfois un puissant moteur, on a fait genre WOHO, le pont qui branle là, trop rigoloooowooohooo. C’est l’autre avantage de la crème solaire, du chapeau et des chemises anti-UV, tu peux planquer les 3,6 litres de sueur et les larmes qui coulent dessous. Au sommet, nos affaires se sont pas tellement arrangées, puisque selon le guide « La redescente sur l’autre versant offre des points de vue spectaculaires sur le désert environnant », i.e. y a 300m de vide de falaises aussi à pic que la chute de reins de Shakira, mais tout le monde va se pencher quand même pour voir la vue spectaculaire. A ce stade, je rappelle aussi que le vertige, par le truchement de la générosité qui me perdra, je l’ai pour les autres. Donc si quelqu’un fait le malin, c’est MOUA qui transpire de la raie des fesses. INJUSTICE J’ECRIS TON NOM.

20080610.25

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L’après-midi, après un bon pique-nique, on  repart vers notre prochaine étape par la Mereenie Loop, une piste rouge en pointillé sur la carte, parce que pas goudronnée. On s’y arrête pour ramasser du bois pour le feu et on y croise des chevaux sauvage qui traversent au loin (mais nous on avait pas pris l’appareil photo pour aller ramasser le bois) (tfaçon si vous croivez que je suis venue en Australie pour voir des canassons moi, déjà que je les aime pas at home) (et hop je vous remet un pti coup de carte):

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On arrive à Glen Helen (7), dans le nouveau camp au pied de la Gorge. Bon je dis pas que je me suis subitement mise à aimer le camping hein (on sait jamais). Mais on a pris une loooongue douche, mis nos petites robe d’été prévues pour Sydney, mangé autour d’un bon feu de camps en écoutant Morcheeba…

Il y a un pub un peu plus loin et Miguel nous emmène y boire un rhum brun. Autour de la table, tout le monde raconte sa première cuite. Sauf la ptite aixoise de 17 ans, dont la mère est assise en face, QUE JAMAIS ELLE A TOUCHE A L’ALCOOL, SWEAR!

Une chose en entrainant une autre, ma sœur finit par passer la nuit à la belle-étoile en discutant avec un jeune mâle australien (qui a bien essayé de nous dire son nom, mais z’ai rien compris). Y aurait baleine sous graviers que ça m’étonnerait pas.

drenka au pays des kangourous : épisode 9 – Il est interdit de collecter la Terracotta

Pendant la nuit, le nez de ma sœur affiche -12. Oui donc c’est bien ça, dans le désert australien, le jour il fait 30 degrés mais la nuit, ton cucul gèle sur place. Surtout qu’on s’aperçoit au matin que tout le monde a super bien dormi parce que dans leur tente à eux, il y avait un duvet bien chaud de saison qui les attendait, alors que dans notre tente de nous, on pouvait bien se brosser le pyjama en pilou.

A 5h (TRUE STORY), nous partons pour explorer cet Uluru de plus près. Le matin, la lumière est encore différente :

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ATTATION, à Uluru, y faut surtout pas :

  • Escalader le rocher : les Aborigènes, ils aiment pas ça !
  • Prendre des photos de certains sites sacrés, parce qu’il s’y déroule des rituels secrets : les rituels des femmes ne doivent surtout pas être vus par les hommes et vice-versa. Les panneaux annoncent le montant des amendes pour les contrevenants, bin c’est pas des amendes pour de rire (5,000 A$, PAF!).
  • Ramasser des cailloux ou de la terre pour les emporter : Sinon, tes fesses sont immédiatement maraboutées à mort. Parait que des touristes en ont quand même ramassé (c’est-à-dire que par exemple, si t’as oublié ta Terracotta de Guerlain, c’est tentant), et qu’après ils ont dû renvoyer le bouzin par la poste ou reviendre leur rendre en urgence, tellement leur chéri (e) s’était barré (e) avec la secrétaire blond (e) à gros nichons (e), leur chat avait perdu la santé, leur maison avait brûlé, ils avaient l’URSSAF sur le dos et ils rataient tous leurs soufflés au fromage. TOUS.

D’après les légendes, il s’en est passé des trucs de dingue à Uluru. Une guide aborigène nous raconte par exemple ce qui a donné sa forme à la face Sud du monolithe qui a été le siège d’une violente bataille: Un jeune garçon Kuniya (= pythons = serpents qui piquent pas et qui savent où se trouvent les points d’eau = LES ZENTILS) se promenait quand il tomba dans l’embuscade d’un groupe de Lirus (=serpents qui piquent = LES MESSANTS). Ils le tuèrent à coup de lance, et sur Uluru on peut voir les trous qu’ont laissés les pointes des armes. Mais la tante du jeune garçon, furieuse, poursuivit ces enfoirés de Lirus, et en tua un à coups de bâton dans la tête : Il y a une grosse trace noire sur le rocher : C’est le sang qui s’écoule de la tête du Liru.

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En sortant, on visite le centre culturel aborigène, conçu par l’architecte Gregory Burgess qui a une architecture particulière :

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(la photo est pas de moua, faut cliquer)

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Et nous revoilà sur la route de de poussière rouge. Sur le chemin, on s’arrête pour  un petit coucou au Mont Connor (4), je remets la carte pour situer (et pis parce que j’ai passé 73h à la faire alors je pense que je vais la remettre à chaque article pour rentabiliser). Un peu plus loin sur la Lasseter Highway, on a cru voir la mer (allô?), mais en fait, y a plus de mer depuis longtemps, c’était un lac de sel.

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Notre destination: Kings Creek Station (5), qui est aussi spécialisée en élevage de dromadaires, où on passera la nuit. Notre guide trop classe (et chinois ?) nous cuisine un ragoût sur le feu de camp, à base de bœuf, de miel, de ketchup, de sauce soja et de patate douce. J’en ai repris 12 fois, à peu près -> opération transformation en Lara Croft = mal barré mon pauvre Marcel. Les twalettes sont à Perpette, et faut pas allumer la lumière, c’est rapport aux scorpions qui aiment bien la lumière. Super.

Sinon je te retranscris un dialogue entre ma soeur avec Vivienn:

– Vivienn: OH on a un guide chinois!
– Candidon: Mais M’man, il ressemble à Diego Maradona jeune, il boit que du vieux rhum brun en fumant des cigares, il parle couramment espagnol et il s’appelle Miguel.
– Vivienn: Ouais, c’est marrant pour un chinois, hein?

drenka au pays des kangourous: épisode 8 – La Vallée du Serpent Arc-en-Ciel

Ce matin, à 7h, lessive sèche et pliée dans nos sacs de 8×4 mètres, c’est le départ pour un voyage de 5 jours dans le Centre Rouge. Sur la carte, ça donne ça:

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Aujourd’hui, on a donc fait la route d’Alice Springs (1) au Parc National d’Uluru (Ayers Rock) et des Kata Tjuta (Les Olgas) (2 et 3), sur l’autoroute Stuart Highway qui traverse l’Australie du Nord au Sud (et où des touristes anglais disparaissent, on sait pas s’ils s’y sont fait kidnapper par de jeunes Australiennes sesquy mais diaboliques comme dans « Cul de Sac » de Douglas Kennedy.)

Au départ, on était pas trop rassurées, vu qu’à ma sœur qui hissait péniblement son énorme sac dans le car 4×4, le guide a dit: Vous savez qu’il est interdit de transporter des cadavres dans ce car? Le gars avait l’air super sérieux, et du coup, un moment on s’est demandées s’y avait beaucoup de gens qui tentaient habituellement de transporter des cadavres, dans le Centre Rouge. Avant de comprendre que c’était une référence à son ENHAURME valise qui pèse un âne mort. Bureau d’explication des blagues, bonjour?

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Il y a à peu près 5 heures de route, et sur l’autoroute, on s’arrête plusieurs fois pour faire une pause-pipi-café-mars-géant-dromadaires: Parce qu’ici dans les stations-services, ils aiment bien élever des dromadaires tout en mangeant des tourtes à la viande suivies de mars d’environ 500g et 30cm de long, accompagnés d’une pinte de café au lait frappé (ça te requinque un homme). Et pis surtout, les Australiens du groupe font des provisions de bière Victoria Bitter, la bibine locale (dont Dawling dit que c’est comme making love dans un canoë, it’s fucking close to water). Là on s’est un pti peu fait avoir, parce qu’ils nous ont demandé des sous pour acheter à boire: Quand Vivienn leur a tendu 10 dollars, ils ont dit que nan mais en fait, ça serait plutôt 50 dollars par personne (i.e. 150 pour nous!) qu’ils avaient dépensé. OKKKKK. Bon provision de bière pour la semaine alors? Nous qui ne pouvons pas en boire 3 gorgées sans roter pendant 3 jours, ça nous paraissait beaucoup quand même. Mais en fait, c’était juste pour la soirée. Ça m’a rappelé mon pays d’adoption, dis donc.

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Un peu après midi, on est arrivés au campement pour le pique-nique.  Alors c’est quand même un campement de lusque où c’est que les tentes sont déjà là, toutes montées en rang d’oignons, avec 2 lits de camps à l’intérieur. ET, y a du papier toilettes dans les kiottes, ce qui t’évite de traverser tout le camp MIT tout rouleau de PQ dans la main (mon préféré en camping).

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Le camp est à une demi-heure de route des Kata Tjuta (les Olgas), dans la Vallée des vents, où nous allons nous promener l’après-midi. Ça ressemble à ça:

20080608.04

Les Olgas (d’après le plus haut sommet, ou le Mont Olga – Wanambi-Pidi) sont composées de 36 énormes rochers rouges, et Kata Tjuta, ça veut dire « Beaucoup de têtes ». Et en effet, d’après les légendes aborigènes, y a un monde fou là-dedans.

Dans leur mythologie, il est beaucoup question des Temps du rêve, qui est un peu l’équivalent de notre Création: C’est l’explication de pourquoi la terre aborigène ressemble à ce qu’elle ressemble, mais aussi le rapport des Aborigènes à leur Terre Mère, pourquoi et comment ils doivent en prendre soin. Leur culture est intimement liée à la nature. Et ces sites sacrés sont très impressionnants parce qu’ils dégagent une sorte de spiritualité. I.e., quand j’arrive, c’est les grandes eaux de Versailles. Il parait que ça s’appelle le « Numineux », ce sentiment de fascination, de peur, et d’illégitimité face au sacré, qui me provoque des crises de sanglots incontrôlables, donc c’est courant, mais c’est quand même pas facile en société, voyez?

Pour en revenir aux Temps des Rêves,  il semble que les Kata Tjuta abritent[1] (liste non-exhaustive):

  •  Le serpent arc-en-ciel qui, à la saison des pluies, est enroulé sur le plus haut sommet. Souvent, autour des points d’eau, il y a des serpents. Donc quand on est un aborigène perdu dans le Bush, voir un serpent, c’est une bonne nouvelle: ça veut dire qu’il y a un point d’eau pas loin. Ce serpent-là, c’est le chef de l’eau et de la pluie, c’est pour ça qu’il est arc-en-ciel. Brèfle, ne part pas en courant, Geneviève, il est zentil le serpent. En dehors de la saison des pluies, il descend dans la gorge, qui s’appelle la Vallée des Vents parce qu’il y souffle. Quand il est super pas content, il déclenche un ouragan. Zéro vent quand nous nous promenons dans la Vallée des Vents cet après-midi, donc je pense qu’il est content de nous voir (ouf).

  • A l’est, vivent les femmes souris, et les deux dômes qu’on voit ce sont le repas qu’elles ont préparé (note que chez les aborigènes aussi, ce sont les femmes qui font la tambouille)(surtout les femmes souris). Le rocher tout pointu est Malu, un homme-kangourou qui est mourant parce qu’il a été attaqué par des Dingos. Il se fait doucement bercer par sa sœur, une femme-lézard, sur laquelle il repose.
  • Au Sud-Ouest, c’est le QG des messants hommes-serpents venimeux , qui se préparent pour aller mettre une tôle au zentil serpent d’Uluru.

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Au retour, c’est la classe: on prend l’apéro en regardant le soleil se coucher sur Uluru – en très peu de temps, le rocher géant prend mille couleurs différentes…

20080608.05

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[1] La mythologie aborigène est transmise oralement, et gardée secrète. De plus elle est assez imperméables pour nos esprits d’occidentaux. Ce que je raconte est un mélange de ce dont je me souviens des explications des Aborigènes et de notre guide sur place, et ce que j’ai pu lire sur le sujet de différentes sources. Mais si un Aborigène me lisait, ptet qu’il dirait que Pffff, n’importe quoi !

drenka au pays des kangourous: épisode 7 – Un samedi soir, dans le désert

Avec ma sœur on s’avait dit: dans le centre rouge, on va marcher toute la journée sous un soleil de plomb, la poussière rouge nous collera partout jusque dans la raie de la moulotte, la sécheresse se fera sentir jusqu’au tréfonds de notre être, avec la gorge qui pique et les oreilles qui bourdonnent, notre réserve de chocolat sera décédée depuis trop longtemps -> comment on va être trop minces et bronzée, HAHA.

En partant de Sydney, on avait même hâte, vu que ça faisait 3 jours que nos orteils avaient pas été bien au sec dans la chaleur réconfortante d’une chaussette de sport non exposée aux intempéries. Le mien, le petit du milieu, il était tout mauve.

Bin QUE DALLE OUAIS.

Note qu’il pleut 2 jours par an, si t’as de la chance, dans le Centre Rouge australien.

Qu’Alice Springs, c’est l’endroit du Centre Rouge australien où c’est que c’est encore plus sec que n’importe où ailleurs.

Ben le premier sentiment qui nous a submergées en descendant de l’avion pour Alice Springs c’est: C’est ouam, ou il me pleut ENCORE dans les orteils? Bon, c’était bien ça. Il pleuvait comme une vache nourrie à la Guinness extra-cold.

Du coup je te dis pas le SUCCÈS MONDIAL qu’on a eu, avec nos ponchos, rapport que jamais ils avaient vu un poncho de leur vie les gens, on aurait dit qu’on se baladait en combi antiatomique en double titane renforcé à induction bipolaire. TOUT le monde voulait le même. Ça nous a un peu remonté le moral par rapport à notre gros #fail au niveau de The French Touch de la Mode à Sydney.

20080607.24

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A Alice Springs,  c’est pas les dernier pour la rigolade (impayable, ce Roger). Ils organisent des Coupes du Monde Internationales de Chameau, voire des courses de bateaux MAIS sans eau :  C’est la Henley-on-Todd Regatta, sur la rivière Todd qui est à sec, donc. Une année, ils ont dû annuler la course vu que, assieds-toi,  il avait trop plu et que y avait de l’eau, dedans la rivière. Or leurs baignoires et leurs roues à hamster géantes (tel que je te le dis) ne flottent pas, in the water.

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Mais par contre le samedi, c’est pas le jour où la Carrie Bradshaw locale va se choisir de nouvelles Jimmy Choo. Non, le samedi, à 12h, ils ont barbeuc. TOUS. Donc tous les magasins sont fermés.

Le SEUL magasin ouvert était un magasin d’opales, la pierre semi-précieuse de la région. Restaurants, bars, transports en commun, tout le reste était rideau baissé (enfin sauf qu’ils ont pas de rideau mais bref).

Résultat, de frustration, on s’en est mis pour 3 millions de dollars d’opales, au bas mot (l’achat utile, voyez ?) (NOT), et puis notre grande activité du jour a été de faire des lessives à la laverie de l’hôtel. Ouééé!