drenka au Mali: épisode 13 – Dans le désert

Mmmmmmmmmmmm, très agréable nuit dans la tempête de sable!! on a bien dormi, au moins 1/4 d’heure. Et pendant ce quart d’heure, Vivienn a rêvé qu’elle poignardait quelqu’un avec une dague africaine. Gn??

Nous nous mettons en route dans un paysage qui a changé: Il y a beaucoup moins de végétation, et par terre, du sable rouge dans lequel nos chaussures s’enfoncent et qui vient se glisser partout, jusque dans notre petite culotte! Ca croustille sous la dent, et tous ceux que nous croisons nous demandent du collyre.

Mais Mme Sportive prend ça comme un challenge: Elle veut arriver la première à l’étape suivante! Elle est en très grande forme, elle court presque, et nous doublons 3 groupes de touristes qui lambinent en regardant le paysage. « Bande de mous! » semblent penser Mme Sportive.

Sur la route, nous nous arrêtons dans une petite ferme. Le Père de famille a une crise de palu. C’est triste car il n’ont aucun médicament. Nous lui donnons de l’advil, mais c’est bien peu.

Nous arrivons à un petit musée, une pièce remplie d’objets qui sont des imitations d’art bambara ou dognon. L’antiquaire blanc est visiblement déjà passé par là, et.. n’a pas laissé grand-chose.

Dans le village, il y a des pompes à eau toute neuves offertes par le Japon. Des femmes trient la laitue et les oignons autour. Un petit chevreau appelle sa mère en pleurant et nous sommes bien contentes quand il finit par la retrouver. Mère indigne.

Après un copieux déjeuner (Igname et patates douces à la tomate, toblerone, pamplemousse qui fizz, buuurp), tentons de trouver un gros baobab pour faire pipi.

On en aperçoit un très appétissant mais… il est occupé: un paysan est en train de l’éplucher comme une banane! En fait, ils enlèvent l’écorce des baobabs tous les 3 ans, pour en faire des cordes…

Puis nous suivons le chemin jusqu’à notre prochaine étape, tantôt bordé de champs d’oignons cachés par des palissades (avec des yeux espiègles derrières), tantôt des grandes étendues de cultures en jachère.
Mme Sportive tient le rythme, on a fait 12 km en 2 heures. C’EST MOU TOUT CA!! OUI CHEF!!
Heureusement, tartine de pâte à tartiner en arrivant à Amani. Imitation nutella, mais ils ont mis des cacahuètes à la place des noisettes. C’est super diététique. Avec ma sœur, on pensait rentrer trop belles, minces et bronzées, c’est pile poil trop bien ce qu’on voulait: on est des grosses larves graisseuses et brûlées (un peu gluant, mais appétissant…).
Le soir, Ogo, nous parle du pouvoir magique des tellems. A Sangha, il connait de grands sorciers. Je tente un: « tu peux faire tomber les gens amoureux?? » BINGO!!! il a ça en magasin, et il nous promet de nous montrer quand on passera à Sangha au retour!! Mais Chhhhhhhhhhhht!! Faut pas le dire!!
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drenka au Mali: épisode 12 – Le village des chasseurs

En redescendant du plateau après la fête, nous passons par un village, composé de trois hameaux, les animistes, les musulmans, et les chrétiens, et Ogo nous introduit auprès des chasseurs. Il faut les dédommager, et leur promettre d’envoyer le résultat par la poste si on veut prendre des photos. Mais une fois qu’on a négocié, ils posent fièrement! La malédiction de l’appareil photo est levée contre quelqeus noix de cola!

Le village est très coloré. Les façades des maisons des chasseurs sont couvertes de trophées, ossements et fourrures de babouins et de chats!

Ogo nous emmène voir un devin qui tire les caurys au couple d’étudiants, puis à nos sportifs. et enfin aux deux aventuriers. Les premiers doivent sacrifier 2 coqs et 2 noix de cola (M. avait marché dans un cercle maudit, remember? c’est pour ça que c’est cher!), et Mme Routarde, 4 galettes de mil.

Puis nous redescendons à travers une faille un peu vertigineuse, pour retouver notre grande malade, laissée à l’abandon à Guimini, au milieu d’un marché.
Nous marchons jusqu’à une dune de sable où nous devons monter le campement pour la nuit – faire pipi dans ce simili desert sera un peu problématique: pas d’endroit où se cacher!
Après le dîner nous discutons autour du feu de bois. Nous demandons à Ogo ce qu’il pense de l’excision (les femmes dogons sont excisées).  Il dit qu’il comprend notre point de vue mais ne parle pas beaucoup. Vivienn lui explique que si les femmes avaient des orgasmes, elles seraient plus amoureuses de leur mari! Nous parlons d’amour… Ogo écoute et ponctue la conversation de réflexions philosophiques.  Il nous fait subtilement comprendre que nous n’avons pas de leçons à donner sur l’amour et la famille! Ogo a beaucoup d’enfants, et nous comprenons à demi-mots que certains sont ceux de son frère, dont il a « hérité » de la femme à sa mort! Ce n’est pas vraiment de la polygamie, plutôt une forme d’entraide sans laquelle la (grande) famille de son frère ne survivrait pas.