drenka au pays des kangourous: épisode 11 – Mais où sont les Okapis?

Encore un départ aux aurores, pour voir les Gorges de Glen Helen (7)  et d’Ormiston (8), le long de la route de Namatjira. Ca fait longtemps que je vous ai pas gonflés avec ma carte, nan?

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Instructions spéciales de Miguel: Faut pas mettre de Chanel no 19, rapport aux wallabies des Roches qui les habitent et qui ont un petit nez sensible. Me demande si entre Chanel numéro 19 et l’odeur de mes chaussettes de camping, les wallabies des roches préfèrent vraiment ces dernières mais enfin BREFLE.

Les Gorges sont un alignement de belles roches (de quartz?) jaune, orange et rouges, autour d’un lac (Ormiston Pound – le plus profond du Parc des West Mac Donnell). Les géologues pensent qu’il s’est passé quelque chose de particulier (j’ai dit déjà que je suis une quiche en géologie ou pas?) et que ces rochers rouges étaient beaucoup plus loin mais ont été précipités ici avec force: On voit deux couches de roches de deux couleurs distinctes, et Miguel, avec la poésie qui caractérise les Australiens, dit que c’est comme un hamburger géant (une tranche rouge de viande entre des tranches jaunes de pain). Nous suivons la piste (de feignasse qui dure 20mn seulement) de Ghost Gum Lookout. Le Ghost Gum (Gommier fantôme) est un arbre de la famille  des Eucalyptus – Eucalyptus papuana : Il a un beau tronc blanc qui lui vaut son nom de fantôme. Les Aborigènes en extraient la gomme (résine)  pour soigner leurs bobos: on fait tremper dans l’eau pour la rendre molle et collante, puis on l’applique sur la peau pour désinfecter.

Et j’avais raison, wallabies ont sûrement été terrifiés par l’absence de Chanel numéro 19 (cet article n’est pas sponsorisé) et ne se sont pas montrés. Les autres en ont bien aperçu un ou deux de loin, mais moua, miro comme je suis, z’a rien vu du tout ma pauvre Micheline.

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Puis nous partons pour les Ochre Pits (mines d’ocre) (9). Vivienn, qu’a fait pas mal de progrès en accent australien, me dit « Ah bon?  Je savais pas que y avait des okapis en Australie. »  Les Aborigènes s’approvisionnent en pigments ici depuis la nuit des temps, seuls ceux qui y ont été formés peuvent l’extraire. Mélangé à du gras d’emeu, l’ocre  fait de la bonne peinture pour s’enduire le corps pour les cérémonies. L’ocre rouge protège aussi le bois des lances des termites:

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Les ocres vont du jaune au brun en passant par l’orange, mais je ne les trouve pas aussi spectaculaires que nos bonnes vieilles ocres de Roussillon. Mais je sais pas si je suis objective, vu que Roussillon c’est quand même un souvenir d’enfant:

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Là c’est ma sœur et moi à Roussillon (note qu’à 14 ans, j’étais déjà mal barrée pour devenir blogueuse mode)

Après ça, BARBEUC time ! Avec des vrais burgers australiens (i.e. MIT des tranches d’ananas en boite), z’en ai mangé à peine 4. Très raisonnable. Et puis on repart. Il y a un peu de route, on peut faire la sieste, Miguel nous berce avec un peu de Pink Floyd, entre ça et le festin que je viens de me taper, autant te dire que j’ai écrasé, BIG TIME (pas vu grand chose du reste de la  route de Namatjira).

drenka au pays des kangourous: épisode 10 – Il ne faut pas boire l’eau du Jardin d’Eden

Mmmmm trop bien dormi, un duvet, ça te change la vie hein! Note que la nuit était pas aussi froide qu’hier, et que la vue apparemment unique sur le ciel étoilé a motivé les Autrichiens pour dormir à la belle étoile. Là, s’il y avait mon frère, il vous aurait expliqué qu’en effet, c’est fascinant, parce que dans l’hémisphère sud, pas d’Etoile du Nord, Croix du sud, boite à bijoux, Centaure, Mouche & confrères. Mais moi je suis une chèvre en astronomie (j’ai pas pu aller aux cours en première A, j’avais chocolat chaud) et j’ai préféré aller ronfler en bavant AU CHAUD et loin des scorpions DEDANS ma tente.

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C’est rapport que le matin, on est parti à 5H (TRUE STORY BIS REPETITA) pour Watarrka National Park (Kings Canyon) (numéro 6 sur la carte). Comme son nom l’indique, c’est un Canyon, c’est-à-dire des falaises rouges de 300m de haut, qui abritent au milieu une forêt luxuriante.

Il faut y aller tôt parce qu’il semblerait qu’on soit en plein miyeu du désert australien, là où le soleil est pas là pour rigoler et fait pas de prisonnier. Cela aurait été l’occasion pour ma sœur et moi de parfaire notre bronzage, mais problème: nous voyageons avec Vivienn-la-dermato, et par le truchement de la conséquence avec 3 chapeaux, 2 moustiquaires, 4 couches de crème solaire indice 75, et 2 chemises anti-UV. Parce que Vivienn elle dit: « On reconnait les Australiens au nombre de cancers de la peau qu’ils se tapent ».

La promenade est une petite boucle de 6km qui permet de marcher autour du Canyon puis de descendre à l’intérieur. Ca commence par une légère montée qui s’appelle « Heartbreak Hill » ou « Heart Attack Hill », la montée de la crise cardiaque. Ca tombe bien: mon cardiologue m’a dit: « INCOMPATIBLE AVEC L’EFFORT ». Mais bon, je m’en suis sortie comme une cheffe, en ne m’évanouissant que 2 fois et en  faisant que 3 pauses de 20mn chacune. Sta dire que d’en haut, on voit ça:

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On descend au milieu des palmiers et des fougères jusqu’au jardin d’Eden, un bassin dans les rochers où notre aventureuse australienne descend se baigner. Nous non, vu que l’eau est réputée pour être contaminée à l’E. Coli, mère des cystites et de leur copine la tourista, mes préférées.

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De l’autre côté, on remonte par des escaliers ajourés entre deux ponts à la Indiana Jones.  A ce stade, je rappelle que Vivienn et moi avons le vertige sur un tabouret. Autant te dire qu’on était pas loin d’y passer la nuit. Mais heureusement, la honte d’être le boulet de service est parfois un puissant moteur, on a fait genre WOHO, le pont qui branle là, trop rigoloooowooohooo. C’est l’autre avantage de la crème solaire, du chapeau et des chemises anti-UV, tu peux planquer les 3,6 litres de sueur et les larmes qui coulent dessous. Au sommet, nos affaires se sont pas tellement arrangées, puisque selon le guide « La redescente sur l’autre versant offre des points de vue spectaculaires sur le désert environnant », i.e. y a 300m de vide de falaises aussi à pic que la chute de reins de Shakira, mais tout le monde va se pencher quand même pour voir la vue spectaculaire. A ce stade, je rappelle aussi que le vertige, par le truchement de la générosité qui me perdra, je l’ai pour les autres. Donc si quelqu’un fait le malin, c’est MOUA qui transpire de la raie des fesses. INJUSTICE J’ECRIS TON NOM.

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L’après-midi, après un bon pique-nique, on  repart vers notre prochaine étape par la Mereenie Loop, une piste rouge en pointillé sur la carte, parce que pas goudronnée. On s’y arrête pour ramasser du bois pour le feu et on y croise des chevaux sauvage qui traversent au loin (mais nous on avait pas pris l’appareil photo pour aller ramasser le bois) (tfaçon si vous croivez que je suis venue en Australie pour voir des canassons moi, déjà que je les aime pas at home) (et hop je vous remet un pti coup de carte):

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On arrive à Glen Helen (7), dans le nouveau camp au pied de la Gorge. Bon je dis pas que je me suis subitement mise à aimer le camping hein (on sait jamais). Mais on a pris une loooongue douche, mis nos petites robe d’été prévues pour Sydney, mangé autour d’un bon feu de camps en écoutant Morcheeba…

Il y a un pub un peu plus loin et Miguel nous emmène y boire un rhum brun. Autour de la table, tout le monde raconte sa première cuite. Sauf la ptite aixoise de 17 ans, dont la mère est assise en face, QUE JAMAIS ELLE A TOUCHE A L’ALCOOL, SWEAR!

Une chose en entrainant une autre, ma sœur finit par passer la nuit à la belle-étoile en discutant avec un jeune mâle australien (qui a bien essayé de nous dire son nom, mais z’ai rien compris). Y aurait baleine sous graviers que ça m’étonnerait pas.