Bret Easton Ellis, le Houellebecq des Stazunis

Bien bien, je vous avez préviendus les gens, si vous râlez trop comme ça que, soi-disant, je passerais ma vie à pas bloguer, hop là je mets une note de nature culturelle. Paf, bien fait. Attention il faut lire et commenter quand même, sinon je fais une interro surprise lundi prochain hein!

Bret, pour vous situer le contexte de la situation historique, c’est un genre de Houellebecq. T’es OBLIGE de le lire, et trop de l’aimer, sinon ATTATION Technikart et les intellectuels de gauche ils te collent en prison. Peut-être même que vous serez  OBLIGES de voter à droite aux législatives. Bret, c’est le nouveau roman déstructuré-trash, c’est un peu le Marithé + François Girbaud de la littérature, si vous voulez. Donc bon bin moi, j’avais pas le choix. J’ai TOUT lu. Ce qui a nécessité la mise à mort de non moins de l’intégralité de l’équivalent du PIB de la Virginie Occidentale en Mon chéri et Ferrero Rochers.

  • Moins que zéro, c’est un livre qui apparemment a pour but de nous tartir dans l’ennui qu’il est long et qu’on fait rien, à cause du héros qui sait pas quoi faire de ses journées parce qu’il est trop riche et qu’il a plus de désirs, je te jure même pas un aprèm Mcdo-ciné ça lui fait envie. C’est rudement bien fait, on se tartit in the big quantities. Tu lis, tu lis, tu lis, même qu’à un moment, par le truchement d’un faisceau d’indices tu te rends compte que l’action se situe maintenant à la plage, alors qu’il te rappelles pas tellement qu’il ait été question de voyage.  Sûrement qu’on t’aurais parlé du long ennui de la route noire et sèche qui défile, de l’horizon vide qui s’ouvre lentement et silencieusement sur un paysage aride et sans repère, et du coca qui a même pu de bulle dans la bouteille en plastique bercée par les mouvements de la voiture (une Mercédès testa rosa 1965 en diamant avec un jaguar à l’avant, cilyndres à injection liquide et 785 miles en pointe)? A la fin, loin de moi l’idée de te révéler la fin, mais je te rassure, il se passe rien non pu.
  • Les lois de l’attraction, AHA j’ai pas eu besoin de le lire : j’ai vu le film avec Dawson. Bon Dawson, normalement dans son monde à lui, on entend des répliques aussi gores que «Je ne vous connais pas. Mais vous m’avez sauvée la vie. Vous aviez raison. Merci. Je suis tellement émue». Dans le film, par contre, Dawson c’est un Geudin – j’imagine qu’il aurait voulu tordre le cou à son image d’angelot castrat prépubère. Bon et là, qu’il se plante des aiguilles dans le bras, passe encore, mais qu’il donne des rendez-vous d’ordre sessuels à des filles et qu’après il les rappelle même pas, TROP il est pas crédible mon pauvre Maurice.
  • American Psycho, j’aurais bien vu le film avec Reese Witherspoon, vu que dans Fashion victim, un film avec au moins 22 étoiles dans Télérama, elle avait trop la classe. Mais mes coupines intellectuelles de gauche m’ont chopé entre 2 portes par mon col Claudine, et les yeux injectés de sang, elles m’ont dit que si j’en lisais UN SEUL, ça DEVAIT être American Psycho (mais pourquoi qu’elle ont attendu que j’ai lu Moins que zéro pour me dire ça quand même ??). Eh ben, je peux dire que je suis contente de l’avoir fini. Bon les tortures, c’est bien dégueu dégueu, ok ok. Mais 9 PAGES, front and back, pour décrire le rasage de Môônsieur le psychopathe, là je dis, argh.

Bon mais du coup, American psycho, je tonds mon caniche taille 36 et ça vaut deux Mireille Mathieu en diagonale, mot compte triple, impair et passe ton tour, paf, j’ai pas lu ni Glamorama ni Zombies.

  • Et après tout ça, autant te dire que Lunar Park, j’y suis allée en chasse neige de ski pour le lire. En plus:

1. Il est traduit, et ça, c’est pas très bien. Si j’étais une fille bien, je l’aurais lu en Anglais, mais faut pas pousser Mamie dans le cactus candélabre. Résultat, il a fait un score de 3 à mon test perso de combien j’écris de nouveaux mots dans mon carnet à nouveaux mots (pour comparer, Elisabeth Quin a fait 56, mais à l’époque je lisais pas Technikart en même temps).

2. Bret est dépressif à tendance je vais me foutre en l’air dans pas longtemps si vous continuez à m’embêter même que je vais le dire à ma mère.

3. Il se passe des trucs dans ce livre, qu’on se croirait dans le dernier Stephen King qui aurait fumé la moitié de la moquette de mon ex-Chéri (me suis à peu près remise de la rupture là, mais pas encore  de la moquette qui était un sac poubelle brodé de vomis, voire une serpillère en papier crépon, limite Kirsten Dunst pourrait la porter aux Oscars). Du coup, on y croit comme moi je suis évêque, et en plus pour dormir il faut mettre le livre dans le congèl et avoir un couteau de cuisine Ikéa dans la main droite (ou dans le pied gauche si vous êtes un orang-outan hirsute et gaucher).

4. A la fin, même pas il se marie avec sa femme et il lui fait un troisième enfant, ce qui est scandaleux, déjà qu’il y a pas une phrase de romance dans tout le bouquin, vous voyez bien que je suis au fond du gouffre, vraiment c’est pas malin.

5. Et en plus à la fin, vous êtes bien feintés, on sait même pas pour de vrai qu’est-ce qui c’est passé en vrai (mais on lui en veut pas, il nous avait déjà fait le coup dans American Psycho) (mais quand même c’est énervant quand même) (ça serait Werber il nous expliquerait tout ça depuis la préhistoire minimum).

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Et bin figurez-vous, avec TOUT ça j’ai bien aimé. Et je dis pas ça uniquement parce que je veux rouler des galoches de luxe à Frédéric Beigbéder ni gagner un abonnement d’un an à Technikart ou mon poids en Ferrero Rochers, hein.

Non non non.

 

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La possibilité d’une île, de Michel Houellebecq

J’ai été OBLIGEE de lire La possibilité d’une île, PARCE QUE c’est comme ça, PARCE QUE Houellebecq, ça m’a rappelé quand Titanic est sorti, et qu’on pouvait plus se promener tranquillement sans qu’on te demande, l’œil avide et la bave aux lèvres : « T’AS ETE VOIR TITANIC?» – « Haaaaaaan mais t’as pas lu Houellebecq ! ma PAUVRE ! »

Bon, ils m’ont eue, mais vous, COURREZ, ne vous retournez pas, malheureux!

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Surtout que vous avez fait le plus dur un peu, si déjà vous avez échappé au premier, Les particules élémentaires. Ah celui là aussi, tous mes copains les intellectuels de gauche ils l’AVAIENT dit, FALLAIT l’avoir lu sous peine d’exclusion du cercle des intellectuels de gauche.

Les particules élémentaires c’est encore plus porno que SAS et Arlequin réunis (oué, mais j’ai pas d’autre référence, j’ai bien pensé à Oui-Oui et le gros champignon rose mais je l’ai pas lu en entier). L’intellectuel de gauche, question de principe, évite le porno. Petit déjà, ses petits camarades de droite lui lançaient des cailloux en lui hurlant « Serpent à lunettes, t’as une pitite quéqueeetteuh », tout ça parce que ses parents de gauche lui avaient enseigné des valeurs de gauche tel que le respect des seins d’autrui (surtout le sein de gauche) et que du coup, il avait refusé de tenir les bras de Françoise pendant que les autres lui soulevaient le débardeur Petit Bateau pour mater son soutif taille 80-B fillette. Aujourd’hui, même quand tout le monde est couché, il n’ose toujours pas regarder le porno qu’il a téléchargé « par mégarde » alors qu’il avait pourtant demandé un film en Coréen sous-titré en Biélorusse sur la lenteur du temps qui s’écoule dans les plaines arides et grises du Tadjikistan occidental, surtout quand y a rien à la télé.

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Cependant, il lui reste une échappatoire porno : au nom de sa culturation, il peut lire toute la littérature porno « légitimée » tout en restant respectable et en mangeant un petit gratin d’épeautre au quinoa. De sorte que le critique intellectuel de gauche, en légitimant Houellebecq, permet à tous ses potes intellectuels de gauche de lire des trucs pornos s0ans passer pour des gros pervers de gauche. PAF. Et comment qu’on le légitime ? Hein chéri ? FACILE. Il faut d’une part relever tous les éléments scientifiques. Parce que Houellebecq, on peut pas lui enlever qu’il a bien bossé son wikipédia hein quand même, à un moment il parle de  « corpuscule de Krause » et tout. Et puis ensuite et surtout, il faut faire référence à un classique. Ici Houellebecq, dans les 2 dernières pages et pendant 3 lignes minimum, parle de clonage et d’une société futuriste où l’homme aurait sélectionné ses caractéristiques physiques: HOP, Aldous Huxley (elle était facile, enfin!). PRESTO, on ne peut pas se prétendre intellectuel de gauche et ne pas avoir lu le nouveau Aldous Huxley. Oui, même si ça veut dire lire des scènes de sexe insoutenables. C’est dur (sic).

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Dans son deuxième succès, Plateforme, Michel nous fait part d’une brillante théorie sur les femmes : Les mecs, ‘tention, scoop : les femmes idéales sont les femmes asiatiques. Beh oui, elles ont TOUT compris les hommes, Elles. C’est simple enfin quand même, il faut, en plus bien évidemment d’être jeune, voire pré-pubère, et belle et mince, être COMBLEE de leur amour si exceptionnel, et VOULOIR son sexe turgescent, et surtout, SURTOUT, n’être RIEN sans eux. Non mais on croyait quoi, nous autres, les occidentales, qui n’arrêtons pas de revendiquer des droits de femmes comme des hystériques, c’est pas comme ça qu’on va rendre un homme heureux, voyons.

Pourtant, avec Plateforme, Houellebecq a obtenu bien moins de suffrages de gauche. Les intellectuels de gauche s’étaient jetés dessus au départ, tu penses, ça parle de tourisme sexuel, youuuhouuuu. Mais là, déception. AU-CU-NE trace de grand mot de gauche emballé tout bien avec un peu de latin de gauche dedans. Trop dur à légitimer quand même.

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Dans La possibilité d’une île, Houellebecq a compris la leçon: il alterne un chapitre de porno avec un chapitre  scientifique. La théorie sur les femmes précitée est incarnée par Ester, bombasse internationale de son Etat, qui pourrait être la petite fille à Michel, et qui met que des minijupes et pas de culotte comme une vraie femme (Mon Dieu, le bonheur des hommes est si simple). D’ailleurs, Houellebecq a trouvé encore  mieux que les femmes asiatiques, plus fidèles, plus dévoués et plus faciles à satisfaire: les chiens.

Mais Michel a bien révisé son Science et vie sur le cerveau. Oh là là, dit l’intellectuel de gauche en se secouant les cheveux longs de gauche et en mordillant sa pipe de gauche, avec tous ces mots scientifiques, cette fois on peut dire sans doute aucun que c’est l’auteur du SIECLE.Et là je te livre la dernière pure théorie scientifique que Michel a un poil pompé à Raël [Attention Spoiler]:

Hypothèse A: la psychanalyse, elle prétend te soigner en te faisant te rappeler des souvenirs pas bien;

Hypothèse B: Les souvenirs pas bien, quand on se les rappelle, beh on les oublie pas (et là il y a une explication avec le courant qui passe au même endroit dans les neurones et tout, c’est TROP crédible au niveau mot scientifique);

Conclusion: La psychanalyse, c’est nul, ça t’empêche d’oublier tranquillement tes souvenirs pas bien, et par le fait, tu peux pas aller mieux du coup. Oh là là mais quand je pense que sans Michel et Raël, on continuerait bêtement à se faire psychanalyser alors que c’est nul. Merci les gars.

Là-dessus, Houellebecq, il ajoute deux ingrédients qui font de lui un goncourable:

1. Le poème en page 433. Oh mon Dieu ce qu’il écrit bien ce Michel. Il fait des RIMES, alors quand même.
2. Le désespoir. Michel est à deux doigts de se foutre en l’air tellement qu’il est malheureux. Et là Houellebecq, il nous a bien feintés. Il s’en cache même pas, il a dit à la télé. « Je suis trop intelligent pour être heureux » (émission tout le Monde en parle, 10/09/2005).

Hypothèse A: Tous les imbéciles sont heureux;
Hypothèse B: Houellebecq est trop malheureux
Conclusions: Houellebecq est génial

En outre,
Hypothèse A: Tous les écrivains géniaux sont tristes et désespérés
Hypothèse B: Houellebecq est triste est désespéré
Conclusion: Houellebecq est un écrivain génial.

CQFD. Eh oui.