drenka au Mali : épiside 15 – Marché de Sangha et fête du nouvel an

A Sangha, au lieu du Bivouac (tout le monde aura remarqué ma passion pour le camping?), on peut prendre une chambre dans l’hôtel de la femme de Dogon de Sangha Mission: c’est là que nous fêterons le nouvel an. La chambre est propre, et elle sent la lavande et la citronnelle.

Ogo nous emmène au marché où nous voulons acheter des robes d’apparat pour la fête du nouvel an. Le marché est très animé et embaume l’oignon, cru, en boulettes, en beignets, en plats cuisinés… Nous choisissons de belles étoffes. Nous ne croyons pas trop le couturier quand il nous dit que les robes seront prêtes ce soir, donc dans 3 heures. Surtout qu’il mesure le tour de poitrine de ma sœur à 110, et le consigne avec le tour de taille de Mme Routarde. Pour moi, il mesure juste la hauteur. Je dois être une taille standard. Nous ne rapportons pas de phtos de Sangha, l’appareil a dû de nouveau être envoûté! On peut en voir ICI (clique).

Nous passons ensuite chez Ogo, et faisons connaissance avec toute sa famille. Il a 6 enfants, dont 4 fils, de 1 à 18 ans. Les deux derniers sont issus d’un deuxième mariage. Sa femme est ravissante dans une robe très raffinée, le col de sa robe est en forme de pétales de marguerites.

Il y a une vingtaine d’enfants chez lui, et il nous explique que tous les enfants du village aiment traîner ici, en plus de ceux de ses deux frères décédés.

Je me retrouve un enfant pendu à chaque bras, qui vont me suivre jusqu’à l’hôtel. En Afrique on passe son temps à enlever des enfants sans s’en rendre compte. En France je serais déjà en taule.

Le soir, au lieu de rentrer chez lui en famille, Ogo trouve des danseurs pour le nouvel an. Il joue du tamtam comme un chef. Il saute partout. Nous, on souffle comme des grosses vaches après seulement une danse, une ronde où il faut faire « comme celui de devant ». J’ai vite fait d’anéantir « celui de devant » en lui ratatinant les pieds de par ma grâce légendaire, et comme ça au moins, je peux aller m’asseoir avec une bonne bière.

Les robes sont livrées au milieu de la fête. Elles sont prévues pour résister en cas de grossesse gémellaire. Ma sœur refuse de la porter rapport à son image de marque. Faudrait quand même pas qu’on croit qu’elle a des grosses fesses. C’est vrai qu’elle a un petit côté « hippopotame de fantasia » habillée comme ça.

Nous regagnons notre chambre peu après minuit, et nous endormons bercées par les rythme des tamtams dans la cour.

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drenka au mali: épisode 6 – Petit marché

On the road again.

Ogo nous fait faire un détour par un petit marché, entre Djenné et Sevaré. Nous sommes accueillis par une petite fille très jolie et habillée comme une poupée. Les enfants nous donnent les mains pour traverser le marché. Nous achetons de bons fruits, mais pas de viande, qui pourtant a l’air très fraîche et est parfois en train de griller en quartier sur de petits barbecues. Il y a aussi une machine rudimentaire à piler le mil. Le marché est très coloré, et beaucoup d’hommes portent le chapeau Dogon, qui ressemble à un chapeau colonial, mais peint en rouge.

Après le marché, nous nous arrêtons sous les manguiers pour pique-niquer. Des femmes avec leur bébé bien installé sur le dos nous vendent des papayes et des mangues. Nous mangeons un peu de saucisson de Perpignan que Miss Etudiante a apporté et dont Ogo est particulièrement friand.

La vie est douce.

drenka au Mali: épisode 3 – Djenné, le marché

Après Mopti, nous embarquons dans le minibus orange pour Djenné.

Sur la route, nous faisons connaissance. C’est là qu’Indiana Jones nous fait part de ses pouvoirs médicinaux. On se disait bien que ça sentait le suppositoire dans ce camion: c’est qu’il trimballe un sac entier de remèdes à base d’essences de plantes, dont il fera distribution tout au long du voyage.

A Djenné, nous arrivons dans une jolie petite auberge, avec une cour intérieure verte et ombragée et une BAIGNOIRE. Vivienn est tellement excitée de la voir qu’elle se jette dessus, dérape, se mange le carrelage et se fait le bleu le plus monumental de toute l’histoire du Far West. Erreur de débutante: Une baignoire, attation, en Afrique ça ne veut PAS dire qu’il y a de l’eau hein.

Nous partons pour le marché où nous sommes rattrapés par les effluves Bozos. Ce marché-là est très animé et on ne peut pas marcher tellement la foule est dense.

Nous nous arrêtons sur un banc, en face d’une fontaine, et observons une jeune fille qui tire de l’eau au puits. Elle a une force titanesque. Elle se penche vers le puits et prends une position très caractéristique, cambrée, gracieuse, et les hommes sont hypnotisés par ses fesses. Elle tire sur la vessie d’eau pleine avec une énergie incroyable, puis soulève son sceau de 30 litres à bout de bras et le place sur sa tête.

Indiana Jones et et M. Sportif nous regardent, dépités. Les blancs ont complètement raté l’éducation de leurs femmes.

Nous rentrons par l’autre rive et admirons la ville de Djenné le long du fleuve. Elle paraît belle et prospère. On dirait les bords du Nil.

drenka au Mali: épisode 2 – Mopti

L’arrivée à Mopti fut digne de toute arrivée en Afrique: De nuit, pas de lumière, 35 tonnes de bagages entremêlés et il faut retrouver le sien.

– Vivienn, elle est comment ta valise?
– Euh, che pas. je crois que c’est un sac noir
– Fastoche!

Il y a 6 autres participants à notre aventure:
– Un couple de sportifs, genre qui se font le mont blanc le dimanche après midi pour garder la forme
– Un couple d’étudiants
– Une routarde solitaire
– Un genre d’Indiana Jones (en pas si aventurier que ça si je puis me permettre)(mais il se prend pour Indiana Jones, donc laissez-le rêver ce pauvre homme).

Après un petit dej, nous entrons dans le vif du sujet directement, et arrivons à 9 heures au marché de Mopti. Ogodana Dolo (Ogo ça suffit) est notre guide, il est beau comme un Dogon dans son costume de Grand Stroumph.

Le Marché de Mopti, c’est là où les Bozos vendent leur poisson. Les Bozos (Maîtres de l’eau) vivent en paix avec les Dogons, depuis le jour où, d’après la légende, un Bozo aurait donné un morceau de sa cuisse à un Dogon mourant de faim. N’empêche qu’à la base les Dogons trouvent les Bozos dégueus parce que pour eux, le poisson est un animal impur.

Vous allez dire: Nooooon, non non non hein, le poisson c’est le bien, même que c’est plein de phosphore, toussa, qu’il y a moins de gras que dans la viande, que ça rend intelligent, et que d’ailleurs, si on mangeait que du poisson, Bambi aurait encore sa mère et les vaches seraient bien gardées.

Beh c’est que vous avez jamais visité le marché de poisson de Mopti. Les Bozos mangent pas spécialement le poisson tout juste chassé par leur cousin corse et placé aussitôt sur le barbecue. Non. D’abord, il le font sécher pour qu’il se conserve disons, au vue due de l’odeur, une ptite quinzaine d’année. C’est ainsi que le poisson se dubdivise en plusieurs catégorie: la petite friture qui crognotte sévère, les gros poissons noircis par la fumée et le soleil qui dépotent leur race, et la bouillie gluante qui coulent qui parfument encore la basket gauche de ma soeur 43 ans plus tard.

La traversée du marché est donc un peu pénible sur le plan olfactif (nooooon, on ne se moquera plus jamais de l’odeur des masaaïs qui vivent dans des maisons en bouse de vache). Mais elle permet la rencontre avec un forgeron vêtu de bleu très appliqué, qui nous propose gentiment de nous faire une barette avec un long clou.

Sur le chemin du retour, Ogo nous offre de délicieuses Goyaves.

Un de ses amis, qui a un petit restaurant à l’ombre d’un ficus géant impressionnant, nous apprend des rudiments de la langue Bambara, qui est la langue la plus parlée au Mali.