PLAF

La semaine dernière, j’ai un peu travaillé 12 heures à cause d’un méchant qui s’était emparé de tous mes bateaux, en Afrique. J’étais crevée mais l’adrénaline, ça tient bien éveillé hein, il en allait de la vie de mes bateaux chéris, quoi.

Jusqu’à ce que. Oh mais j’ai mal au cœur. Bon je vais vomir et je reviens. Ouh là, mais ça touuuuurne, pis y a des étoiles qui dansent devant mes yeux, EH LES ETOILES ON SE CALME, vous me filez la gerbe. Ouh là, mais j’ai la tremblote  et puis je bave? Ah et je saigne du nez aussi, attend je m’allonge par terre. Pardon, moquette du bureau. Oui, bon,  là, ça serait bien d’appeler mon Dawling parce que je peux plus bouger, je suis aimantée la tête contre la moquette.

En fait c’est allé mieux  1/4 d’heure après mais j’étais vidée, alors on est rentrés à la maison, je suis allée me coucher et  je devais un pwal avoir besoin de sommeil parce que Dawling a du me réveiller le lendemain à 22h pour me faire boire un verre d’eau: j’ai dormi d’un TRAIT.

.

Enfin là, ça y est je suis d retour au bureau, sans déconner on est pas chez ces gauchos de Francais ici Madame – attend, la grossesse c’est une maladie ou c’est pas une maladie? Nan? Eh ben, tu vas au boulot alors. Mais surtout, reposez-vous hein. C’est un peu comme « faut allaiter exclusivement pendant 6 mois mais par contre faut reviendre travailler au bout d’un mois » – j’aime bien, c’est cohérent.

Là, VENGEANCE,  je viens de faire peur à mon boss briton, vous savez les Britons c’est des sensibles. Il m’a demandé si ca allait mieux, alors oui oui ça va très bien, thank you very much, et il m’a dit que ça arrivait tout le temps à sa femme quand elle est enceinte, parce que le sang se barre de la tête. J’ai répondu « Oui, dans les nichons en fait ». Là il est parti se cacher, il me parle plus.

Publicités

Je pense suspendre ma carrière de blogueuse gastronomique de voyage

Là, on revient d’un week-end à York (York hein, pas New-York). Et on repart à Venise Dimanche matin, en so-called « babymoon ». C’est apparemment comme ça qu’on dit ici quand POUR LA DERNIERE FOIS DE NOTRE VIE, on part en namoureux pour juste faire du sesque et se beurrer la gueule mais sauf qu’on remplace le vin par de la Gelati.

Bon, je vais pas me plaindre d’aller à Venise, hein, ouh làlà.

Mais je stresse aussi parce qu’autant dire qu’à York, c’était pas exactement le summum du romantimse et du sesque débridé. Bon, il faut dire que York, c’est pas exactement la même atmosphère qu’à Venise, à la base. C’est une ville du nord de la Britonnie, où aux temps de jadis, ils ont pas arrêté de brûler des sorcières et de massacrer des juifs pour passer le temps entre deux messes. Et du coup maintenant, ils se tapent des fantômes assoiffés de vengeance et de sang aux quatre coins de la ville.  Ambiance.

Je vous cache pas que le problème du Yorkshire, c’est quand même que la Fée Gastronomie a oublié de se pencher sur leur berceau. OU ALORS, elle s’est trop penchée et elle est tombée directement dans la friteuse. Je sais pas.

Le fait est que des bières dans des pubs hantés, ça, y en avait. Mais pour trouver un resto, bin accroche-toi, Micheline. Samedi, après avoir fait 3 fois le tour de la ville (à pied et à ventre géant, je rappelle), bin on a atterrit dans un resto de barbecue de saucisses. Quand on est rentrés chez le copain de Dawling qui nous hébergeait, par voie de conséquence je les ai laissé évoquer le bon vieux temps et je suis allée m’autocombustionner l’œsophage dans le lit. TOUTE LA NUIT.

Le dimanche, il fallait goûter la spécialité locale: le Yorkshire pudding. C’est un genre de pâte à crêpe salée, qu’on fait cuire au four  – ça monte et ça fait comme un gros soufflé avec un puits au milieu, comme un vol-au-vent, et comme ça on peut garnir de gravy (du jus de viande) avant de manger. En temps normal, c’est mon truc préféré du Sunday Roast. Mais c’était sans compter la Fée Yorkshire de la Gastronomie et la teneur en gras du bouzin.

Dans le train du retour, Skips, il était pas content, non non non. Je le sentais bien, il a eu un hoquet violent et persistant pendant tout le trajet. Mais il a été cool, il a attendu que je passe la porte de la maison pour me signifier son mécontentement. En filant un grand coup de latte à mon estomac sans préviendre, que j’ai même pas eu le temps de me rendre dans la pièce adéquate ni même à l’abri du regard médusé de Dawling : J’ai rendu   mon Yorkshire pudding MIT gravy avec une portée de tir de 3 mètres, que j’en avais jusque dans les sourcils et que je me noyais de l’intérieur du nez.

.

Alors j’espère que c’est la nourriture du Nord de l’Angleterre qui l’a chiffonné (qui ne le serait pas hein), et que les spaghettis de Venise, ça passera mieux.

J’ai fait des recherches archéologiques sur Internet et vu que il fallait que je me mette en quête de Mopral, mais quand j’ai parlé du Mopral local (Losec ça s’appelle ici) au GP, on m’a regardé comme si je demandais une bonne pipe d’héroïne – il me reste le Gaviscon et le sirop de menthe, ouééé.

*Romir* wiz ze flegme britonique

Depuis que je suis au service de Sa Majesté Sean Dawling, j’ai trop trop fait de progrès en matière de classitude. Je suis à DEUX DOIGTS de me sortir avec élégance de toute situation délicate sur le plan du grand moment de solitude.

.

Mise en situation.

Je viens d’arriver à Londres. Bon ce qui frappe à Londres, c’est comment cette ville arrive à te faire rentrer systématiquement en compet’ internationale de junk food. Là, j’ai été en premier à Itsu manger une seizaine de dumplings (les dumplings d’Itsu c’est un peu les gyozas d’Higuma, mais meilleurs, SI JE TE JURE), avant d’enchainer sur la soupe coco curry, suivie du canard aux prunes enroulé dans les crèpes, pis d’une bonne platée de sashimis de saumon et d’une mousse au chocolat. Là-dessus, un bon piti English café, ceux où ils mettent de la crème avec un peu de sucre, du lait entier et du sirop de caramel, et si tu leur demandes spécifiquement, un zeste de café. Dedans, tu trempes une pièce en or en chocolat (cacao optionnel, comme pour le café). Mais comme tout ça était bien riche en sucre, je me suis dit qu’il fallait exorciser avec un peu de gras, et là, LA BON NOUVELLE, qu’il a dit le Dawling, c’est que c’était l’heure du bacon frit dans ses baked beans (j’étais pas loin de rajouter de la mayo). ATTATION toujours finir sur une note sucrée pour signifier à son estomac que le repas est fini, sinon il a encore faim. Du coup j’avais toujours faim et j’étais sur le point de tartiner du nutella aux jelly belly sur des krispy kreams, mais je trouvais que ça manquait de gras alors je me suis contentée d’un muffin double choco.

Quand vient le moment où il faut rentrer vu que si tu te couches pas tussuite pour la sieste, tu meurs de digestion fulgurante.

.

Le Bus n°19 est à l’approche. Je ferme mon magnifique parapluie qui transpire la sobriété et le bon goût : il est rose, et, offert par un labo dermato, orné de candida albicans vus au microscope (je te conseille pas de chercher candida albicans dans google image. Argh, je t’avais dit.) Je monte dans le bus. Je monte encore, au deuxième étage. La seule place disponible est là-bas là-bas, dans le fond-fond du bus. Devant moi, une Dame voilée qui s’enfile des genres de loukoums crempés dans une sauce cheddar-vinaigre-curry, si j’en crois son haleine. La file centrale du bus se remplit. Le Chauffeur joue à freiner du pied gauche, ça tangue, et j’arrête pas de me cogner le nez dans la chevelure grasse de la dame aux loukoums.

Je sens le goût du bacon dans le fond de ma bouche. Ça gargouillise et ça grondouille. Je considère mes options : traverser tout le bus dans un sens, en sautant par-dessus les 8 000 personnes de l’allée centrale, demander au chauffeur de s’arrêter, retraverser dans l’autre sens en bas, descendre, trouver un arbre grillagé ou une impasse sombre, remonter les cheveux, cracher le bacon, tout ça à l’insu du Dawling ? Les cheveux de la dame ? Oué pas bête, mais pas très très gentil, pis si elle s’ébroue sur Dawling après, on peut pas compter sur la discrétion des gens, vous savez.  Mon sac à main ? Mon écharpe?

AHA. Je sens que vous retiendez voutre souffle et que votre transpiration commence à goutter sur votre front (vous habitez toujours à Marseille, vous, non?)

FACILE pourtant. Je vous avais donné tous les indices.

.

Dans cette situation de crise, vous entrouvrez votre parapluie candida albicans, vous vous baissez sous le siège, vous *romissez* discrètement dans le parapluie, vous refermez, (pas trop fort sinon ça éclabousse) et PAF, vous oubliez ledit parapluie dans le bus.

C’est pas le top de l’élégance ça ? bon à part que excusez-moi de vous dire mais vous avez  un peu de vomi sur la joue, mais faites pas l’enfant, le vomi coco curry c’est très décoratif.

 

– Oh DAMNED, I forgot my umbrella in the bus, Sean.
– Oh, can I get it for you?
– NONONO
– Ah? Would you share mine then?
– Oh beh si tu insistes Dawling quand même.