drenka au Mali: épisode 16 – Visite de la maison du Ogon

C’est déjà le dernier jour!

Avant de regagner Mopti, Ogo nous emmène voir la maison du Ogon. Le Ogon est le chef du village. A Sangha, il y en a deux: le Ogon du bas, et le Ogon du haut; le plus vieux des deux, et donc le plus sage, dirige le village. C’est comme l’administration, ça marche à l’ancienneté.

Le Ogon est sur le seuil de sa maison. La façade en terre est composée de dizaines de petites alcôves, pour stocker les potions et les remèdes.  Il faut faire attention de ne pas pénétrer son jardin et de ne pas faire tomber les pierres de la clôture. Chez les Dogons, faire tomber une pierre est passible d’une amende très chère. En plus, ça tombe mal, les amendes se paient en chèvre et on a pas pensé à retirer des chèvres au distrib’ du coin.

Le Ogon nous adresse ses voeux pour la nouvelle année, la réussite dans tous les domaines et la santé. M. Sportif lui récite une expression provençale: « Pour l’année qui vient, si l’on est pas plus, que l’on ne soit pas moins ». Le Ogon trouve les provençaux très sages, on sent déjà qu’il va la ressortir à son prochain discours celle-là.

Puis nous montons vers la maison du haut. Celle-ci est vide car le dernier occupant est mort il y a peu de temps, et qu’il y a toute une procédure pour choisir et introniser le nouveau.

Il est temps de partir, annonce Ogo, et nous embarquons donc, direction Mopti. C’est un vrai Rodéo. Vivienn et moi nous faisons encore remarquer par notre incroyable pied marin (mais c’est moi qui fait le sale boulot et demande à Ogo un arrêt vomito). Heureusement, Inidiana Jones nous badigeonne d’huile essentielle de menthe, et on peut repartir, chacune sa banquette, en raison de notre rang social élevé et du risque de débordement vomital.

Nous croisons des paysages irréels, comme à l’allée, où les champs d’oignons, verts phosphorescents, tranchent avec la terre rose.

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drenka au Mali : épiside 15 – Marché de Sangha et fête du nouvel an

A Sangha, au lieu du Bivouac (tout le monde aura remarqué ma passion pour le camping?), on peut prendre une chambre dans l’hôtel de la femme de Dogon de Sangha Mission: c’est là que nous fêterons le nouvel an. La chambre est propre, et elle sent la lavande et la citronnelle.

Ogo nous emmène au marché où nous voulons acheter des robes d’apparat pour la fête du nouvel an. Le marché est très animé et embaume l’oignon, cru, en boulettes, en beignets, en plats cuisinés… Nous choisissons de belles étoffes. Nous ne croyons pas trop le couturier quand il nous dit que les robes seront prêtes ce soir, donc dans 3 heures. Surtout qu’il mesure le tour de poitrine de ma sœur à 110, et le consigne avec le tour de taille de Mme Routarde. Pour moi, il mesure juste la hauteur. Je dois être une taille standard. Nous ne rapportons pas de phtos de Sangha, l’appareil a dû de nouveau être envoûté! On peut en voir ICI (clique).

Nous passons ensuite chez Ogo, et faisons connaissance avec toute sa famille. Il a 6 enfants, dont 4 fils, de 1 à 18 ans. Les deux derniers sont issus d’un deuxième mariage. Sa femme est ravissante dans une robe très raffinée, le col de sa robe est en forme de pétales de marguerites.

Il y a une vingtaine d’enfants chez lui, et il nous explique que tous les enfants du village aiment traîner ici, en plus de ceux de ses deux frères décédés.

Je me retrouve un enfant pendu à chaque bras, qui vont me suivre jusqu’à l’hôtel. En Afrique on passe son temps à enlever des enfants sans s’en rendre compte. En France je serais déjà en taule.

Le soir, au lieu de rentrer chez lui en famille, Ogo trouve des danseurs pour le nouvel an. Il joue du tamtam comme un chef. Il saute partout. Nous, on souffle comme des grosses vaches après seulement une danse, une ronde où il faut faire « comme celui de devant ». J’ai vite fait d’anéantir « celui de devant » en lui ratatinant les pieds de par ma grâce légendaire, et comme ça au moins, je peux aller m’asseoir avec une bonne bière.

Les robes sont livrées au milieu de la fête. Elles sont prévues pour résister en cas de grossesse gémellaire. Ma sœur refuse de la porter rapport à son image de marque. Faudrait quand même pas qu’on croit qu’elle a des grosses fesses. C’est vrai qu’elle a un petit côté « hippopotame de fantasia » habillée comme ça.

Nous regagnons notre chambre peu après minuit, et nous endormons bercées par les rythme des tamtams dans la cour.

drenka au Mali: épisode 14 – Ireli et faille de Banani

Mangées toutes crues par des bêtes sauvages non identifiées (des genres moustiques, hein, pas lion, sinon je trouverais ça beaucoup moins drôle). Ma sœur est un véritable gruyère!

Mais même pas mal, n’écoutant que notre courage et Mme Sportive qui veut pas flinguer sa moyenne, nous repartons.

Nous passons un étang qui semble tranquille, mais… qui est infesté de crocos!! D’après Ogo, il y en a plus de 200; ils savent reconnaître les habitants d’Amani et ne les croquent jamais, mais  nous, gare à nos fesses!!

Nous arrivons ensuite à Ireli, l’un des villages où les grottes troglodytes sont les plus remarquables. Le vertige rien que de les regarder de loin.

Nous nous arrêtons pour soigner une petite fille qui s’est écorchée la jambe en tombant, mais la compresse est rouge de terre avant même d’être posée… Sur l’un des bâtiments, il y a des peintures très colorées qui représentent tous les masques. Comme d’hab, attention de ne pas dépasser la ligne si on veut conserver tous nos abattis en état de fonctionnement.

Nous nous arrêtons dans un petit restaurant ombragé: « un sac vide ne tient pas debout », dit le guide au groupe de Belges attablés à côté de nous.  Indiana Jones dévore sa salade de concombre, son poulet en sauce, et au moment du dessert il sort de son sac un Toblerone de 500g. Tout en l’engloutissant sans nous en proposer,  (alors que ma sœur bave!), il nous explique que le chocolat est un poison, et que l’humanité disparaitra à force de s’auto-empoisonner. Le salut est dans les graimes et il nous conseille de nous y mettre une fois rentrées. Lui, c’est pas pareil: En tant que thérapeute, il doit d’administrer le même poison que ses patients pour mieux savoir les soigner, tu comprends.

 Nous montons ensuite vers Sangha en passant par une faille. Comme les vaches ne peuvent pas suivre, nos sacs sont empaquetés dans les matelas et ce sont des porteurs qui les montent. L’un d’eux doit peser 35 kg tout mouillé… Nous les trouvons très courageux, surtout qu’ils montent plus vite que Vivienn et moi, au grand désespoir de M. Sportif qui, pour que ça aille plus vite, voudrais porter notre eau, nos sacs à dos, nos pulls, voire nos pantalons.